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Aménagement
forestier durable : Par Martine Frigon L’industrie forestière mauricienne est le témoin d’une initiative hors du commun. Quatre entreprises forestières de son territoire ont obtenu conjointement la norme CSA-Z809. La papetière Kruger ( Scierie Parent ), les Industries John Lewis à La Tuque, Gérard Crête et Fils de Proulxville et les Industries Légaré de Saint-Raymond de Portneuf ont créé un précédent canadien, car c’est la première accréditation où l’on retrouve plus qu’une seule industrie impliquée. Cette norme est attribuée dans le cas présent pour l’aire commune de coupe 043-20 qui couvre une grande partie de la Mauricie.
Élaboré par l'Association canadienne de normalisation ( CSA ), ce programme de certification renferme des critères environnementaux, économiques et sociaux ainsi que plus de 80 indicateurs reliés à l'aménagement forestier durable qui varient de la protection de la biodiversité à la conservation de l'eau et du sol. Pour réaliser concrètement le projet, il aura fallu beaucoup d’ouverture d’esprit, tant de la part des industriels forestiers que des autres intervenants concernés. Ceci aura également nécessité des changements dans les opérations forestières sur le terrain.
Les industriels et les villégiateurs se concertent
La norme CSA-Z809 exige un vaste processus de concertation qui vise à regrouper tous les intervenants en milieu forestier, allant des pourvoyeurs, des villégiateurs, des communautés autochtones, des intervenants en récréotourisme jusqu’aux industriels. Ainsi donc, une table de concertation a été créée pour l’aire commune de coupe 043-20, regroupant alors quelque vingt représentants d’organismes, d’associations et de communautés. « Cette table nous permet d’améliorer les relations avec les différents usagers de la forêt parce que nous sommes tous réunis pour parler des problématiques du territoire. À la suite de nos discussions, nous privilégierons un secteur pour la coupe plutôt qu’un autre, de façon par exemple à protéger la végétation », explique Denis Renaud, directeur de l’approvisionnement des Industries John Lewis à La Tuque.
En tant qu’industriel, est-il en faveur de cette dynamique qui, malgré tout, émane d’une obligation pour recevoir l’accréditation CSA-Z809 ? « C’est également important pour nous. Cela protège la matière première pour l’avenir. Nous en avons besoin pour aujourd’hui mais aussi pour les années futures », ajoute-t-il. Mentionnons que l’implantation de cette table de concertation avec tous ses intervenants ne s’est pas réalisée brusquement. « C’est un travail de longue haleine », explique Christine Dionne, des relations publiques chez Kruger. « Nous avons débuté le processus en 1999. »
Coupes en mosaïque et formation des travailleurs forestiers
Pour respecter les demandes de la table de concertation, la papetière Kruger a modifié elle aussi ses méthodes de coupe, tout comme sa consœur située à La Tuque. « Nous effectuons la coupe en mosaïque depuis 2000 », explique Michel Lessard, chef des opérations forestières de Kruger pour le Québec. « Nous procédons à l’abattage à l’intérieur de superficies plus restreintes, éparpillées un peu partout sur le territoire, de façon à protéger des écosystèmes », poursuit-il.
Pour réaliser ces changements, il a fallu former les employés et les sous-traitants en forêt à une autre méthode de travail. La période de l’année, où se déroulent les opérations forestières, se situe approximativement entre les mois de juin et mars. En fait, elles se réalisent tant que la période du dégel n’a pas débuté et que les routes en forêt sont encore praticables. Kruger a procédé à la planification de ses opérations au début de chaque saison de coupe, et par conséquent, à la formation de son personnel opérant en forêt ainsi que ses sous-traitants.
La papetière a donc préparé un plan de
formation pour les quelque 200 travailleurs forestiers qui sont
présents sur ses chantiers durant l’hiver, et les 300 autres employés
durant l’été car s’ajoutent les employés rattachés aux activités
sylvicoles ainsi que ses 25 transporteurs forestiers sous-traitants.
Malgré cette immense réorganisation du travail, les industriels
semblent considérer cette concertation utile pour l’avenir de
l’industrie tout en protégeant la biodiversité. « Par ces opérations,
nous participons à protéger des écosystèmes ainsi que certaines
espèces animales. Je pense notamment au pygargue à tête blanche. Dès
qu’un opérateur reconnaît un nid de cet oiseau dans un arbre, il
l’identifie de façon à ce qu’il soit protégé de la coupe » termine Mme
Dionne.
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