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L’industrie du meuble en Mauricie se porte bien… Elle manque même de main-d’œuvre ! Par Martine Frigon Le meuble nous accompagne
dans toutes les étapes de la vie… Du meuble de jardin au cercueil, en
passant par les ensembles de salle à dîner. L’industrie manufacturière
du meuble au Québec représente près de 1 300 entreprises et
Historiquement, le centre du Québec constituait le pôle de la fabrication du meuble au Canada, il y a une quarantaine d’années. On y retrouvait majoritairement de grandes entreprises qui allaient jusqu’à embaucher plus de 1000 personnes. Ces dernières ont toutefois fermé leurs portes au début des années 70, avec l’arrivée des produits en mélanine et surtout le manque d’investissements en technologie de pointe. Preuve que l’on peut renaître de ses cendres, des petites PME se sont développées et se sont diversifiées, si bien que la région a vu le même secteur d’activité industrielle se poursuivre.
Les meubles en bois de la Mauricie
L’industrie du meuble se porte très bien en Mauricie. Son marché est majoritairement américain ; sa compétition également. Plus de 80 % des ventes se font chez les voisins du Sud. « Les entrepreneurs se sont spécialisés pour la plupart dans un créneau particulier comparativement à la production de masse : le meuble en bois de moyenne et de haute gamme. La Chine, par exemple, n’a pas encore fait son entrée dans ce type de meubles : le créneau est donc toujours disponible pour les entreprises mauriciennes », rapporte Charles Doucet, directeur général du Centre d’information et de valorisation du secteur du meuble de la Mauricie, le CIVAM. « Il faut toutefois se préparer au fait que les pays fabriquant des meubles de bas de gamme en viendront un jour à produire ce que nous fabriquons. »
D’ici là, l’industrie mauricienne du meuble fabrique un produit qui est rentable. « La Mauricie fabrique des meubles personnalisés. Les clients peuvent choisir un design, une couleur ou un style. C’est ce qui la démarque de la production de masse », poursuit M. Doucet. Ironie du sort, ce secteur manufacturier se porte tellement bien que ses offres d’emplois sont supérieures à la demande : il vit une pénurie de main-d’œuvre.
Main-d’œuvre demandée
Selon une recherche menée par un groupe de travail initié par le député de Trois-Rivières, André Gabias, et rendue publique à l’automne 2003, plus de 125 postes seraient disponibles dans les entreprises manufacturières en Mauricie.
Pour appuyer ces dires, des entreprises telles que Canadel, Meubles E.G., Bermex et Dinec auraient été consultées à ce sujet. Selon l’étude, ces postes vont du manœuvre jusqu’au directeur d’usine en passant par des postes de techniciens en génie industriel, de contrôleurs de la qualité, de dessinateurs ou de concepteurs. « La croissance annuelle des entreprises de la région se situe entre 15 et 20 % », a déclaré Luc Alarie, président du groupe de travail, durant une conférence de presse en décembre dernier. Qu’en est-il des salaires offerts par les manufacturiers mauriciens ? « Ils se situent en moyenne à 11 $ / l’heure pour les employés de la production », précise Charles Doucet.
Malgré le bon carnet de commandes des manufacturiers mauriciens de l’industrie du meuble, le futur proche sera peut-être assombri par l’augmentation de la valeur du dollar canadien depuis quelques mois.
« Nous verrons l’an prochain ce que cela
représentera pour les industriels. Ils sont actuellement protégés par
des contrats de taux de change mais lorsque ces derniers arriveront à
échéance, nous pourrons évaluer jusqu’où cela aura des répercussions
sur les entreprises mauriciennes », termine Charles Doucet.
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