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  Ce dossier a été publié dans l'édition février 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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La mondialisation dans le secteur de la chaussure :
l’ennemie devenue alliée

Par Martine Frigon

Tout comme le textile, l’industrie de la chaussure a connu ses heures de gloire au Québec. Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, on disait même que Québec et Montréal étaient les centres de fabrication de chaussures les plus importants au Canada. Malgré cela, l’industrie a connu un déclin très marqué, si bien qu’il ne reste que très peu de manufacturiers de chaussures et de bottes au Québec. Pourtant, il existe quelques irréductibles manufacturiers qui, pour survivre, doivent composer avec la compétition internationale.

 

Photo présentant une table à découpe.


La petite histoire de la cordonnerie

 

Aux débuts de la colonie, le cordonnier artisanal fabriquait des chaussures sur commande et n’offrait que quelques modèles. Son outillage était composé d’une alêne, d’un tranchet, d’un pied de fer et d’un marteau. La production de ces modèles se résumait à cinq étapes : la taille du cuir, la préparation des semelles, la couture, le montage et la finition.

 

Vers la fin du XIXe siècle, l’industrialisation fit son entrée dans le décor économique québécois et par le fait même, dans le monde de la chaussure et de la botte. La manufacture reprendra les étapes du cordonnier traditionnel. De dimension importante, elle rassemble les machines et les ouvriers sous un même toit. La manufacture typique des années 1850 abritera les aires de travail sur les cuirs les plus lourds comme les semelles au rez-de-chaussée, l’administration et les ventes au premier étage et la taille du cuir plus léger et l’assemblage des pièces au second étage.

 

Usines modernes, partenariat stratégique

 

Il est bien loin le temps où toutes les parties d’une botte ou d’une chaussure s’effectuaient sous un même toit. Compétition mondiale exige, les manufacturiers doivent tenir compte des coûts de production et faire des choix. Ainsi, certaines parties de la botte ou de la chaussure peuvent être fabriquées à l’extérieur de l’entreprise. Elles seront même importées quelques fois de l’autre côté de la planète ! Régence, un manufacturier de bottes situé dans la région de Québec, illustre bien ce phénomène. « Nous ne fabriquons pas les semelles, nous les achetons. Produire ici certaines pièces serait plus dispendieux que les acheter ailleurs. Nous ne sommes pas une tannerie, nous achetons le cuir. La même chose pour le nylon ; nous l’achetons en Chine », précise Christian Bergeron, président-directeur général chez Régence. « Il y a des produits où 97 % des opérations seront exécutées ici, et pour d’autres, le pourcentage sera moindre. »

 

Pour Christian Bergeron, l’informatisation de sa production ainsi que ses fournisseurs lui procurent certaines pièces à un coût avantageux, voilà le moyen de produire pour demeurer compétitif.