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Doublement de la route 175 dans le Parc des Laurentides des impacts touristiques et industriels attendus par J.P. Gagnon En 2009, la région de Québec et celle de Saguenay seront reliées par une route à quatre voies divisées. Cela aura des effets positifs sur les développements industriels dont le tourisme, ce qui réjouit les intervenants du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
La perspective de disposer, en 2009, d’une route à quatre voies divisées à travers la Réserve faunique des Laurentides, dans la région de Québec à Saguenay, ravit l’Association touristique régionale. La continuité des autoroutes est, dit-elle, un facteur déterminant dans le choix des destinations. Le directeur général, Serge Plourde, parle d’un projet structurant pour le développement de l’industrie touristique : « Cela va permettre de sécuriser la destination du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de faire cesser un certain nombre de perceptions négatives. Les automobilistes seront à l’aise de profiter des paysages de cette route de montagne. Cela va aussi nous permettre de nous rapprocher d’un pôle touristique remarquable qu’est celui de la capitale et de la grande région de Québec, et de nous rapprocher de l’aéroport de cette région : la croissance des recettes touristiques, au cours des prochaines années, va provenir particulièrement des clientèles internationales... Une meilleure desserte aérienne sur Québec nous rapproche automatiquement d’un bon nombre de grands marchés, au plan international.»
Il envisage également des réunions pour prévoir des haltes touristiques et des relais qui inciteraient la population à emprunter cette route. Président de l’ATR, Gervais Coulombe abonde dans le même sens : « C’est un passage important pour l’industrie touristique dont nous sommes certains de récolter les dividendes. Ce sera une connexion directe et facile avec les marchés, notamment pour les autobus nolisés... Tout conducteur pourra prendre son rythme, avec quatre voies; le paysage sera plus apprécié. »
Le Conseil régional de concertation et de développement voit aussi des effets positifs. Son président, Réjean Bergeron, fait tout de suite référence au développement des créneaux d’excellence dont la transformation de l’aluminium et l’éventuelle transformation du bois. Des études, dit-il, présentent la route comme un élément négatif, soulignant qu’une route adéquate augmenterait le degré d’attirance des promoteurs vers la région et pourrait contribuer à son développement économique. Il cite des exemples d’entreprises œuvrant en transformation et en exportation, et désireuses de sécuriser la sortie de leurs produits.
Le président de l’Association des CLD du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Lawrence Potvin croit en des effets positifs au plan économique, notamment touristique : « Ça va favoriser l’afflux de touristes. Nous pensons que c’est une bonne chose. Les gens perçoivent les routes 169 et 175 comme isolées et présentant un danger. En ayant, sur la 175, une route à quatre voies divisées, cela va certainement enlever des préjugés quant à l’éloignement de la région, alors qu’on est à peine à deux heures de Québec! » Au CLD de Saguenay, le directeur Roger Boivin croit aussi que le doublement de la 175 aurait dû être fait depuis longtemps, car son absence défavorise la région. On a beau parler de Vallée de l’aluminium, dit-il, les grands fabricants automobiles américains ont d’immenses difficultés à croire que la route ne fermera pas! « Ils veulent la confirmation que la route ne fermera jamais, pour s’assurer de ne jamais manquer de pièces d’automobiles, à leur usine, aux États-unis. » Outre les retombées de la construction de la route elle-même, M. Boivin souligne le positionnement de Saguenay (la moins chère en moyenne au monde sur 117 villes pour l’implantation d’une usine et son exploitation), en vertu de l’étude des comptables KPMG (2001-2002) sur les coûts d’une implantation industrielle. Le transport routier est pris en compte, élément où Saguenay se classe 16e, dit-il, cette fois-ci.
Projet d’envergure
Le projet est d’envergure : 525 millions $. La route 175 sera aménagée sur 174 kilomètres. Le 22 août 2002, les premiers ministres Jean Chrétien et Bernard Landry étaient venus à Saguenay annoncer le versement respectif de plus de 262 millions $ par chacun des gouvernements fédéral et provincial. Actuellement, la route 175 est doublée en deux endroits, face à L’Étape (km 131 à 134) et entre les kilomètres 84 et 86.
Le ministère québécois des Transports ne pouvait encore, à la mimai, fournir toutes les données concernant les échéanciers et autres éléments de construction ni la configuration finale de la route, pas plus que définir l’attribution des contrats de transport aux camionneurs. Édith Tremblay, chef de service des liaisons avec les partenaires et les usagers ne pouvait dire si des glissoires de sécurité bétonnées vont séparer les deux sections: « Je ne peux parler ni de la conception ni de l’état d’avancement du dossier, n’ayant pas cette information. Les discussions se poursuivent entre les deux paliers de gouvernement. Il faut comprendre que le nouveau gouvernement doit établir ses orientations; nous devons aussi attendre les balises budgétaires. » « En ce qui concerne, par exemple, les échéanciers des travaux, les discussions se poursuivent pour définir les paramètres de l’entente, dont fait partie cet élément. Le seul contrat en cours, à la mi-mai, était le doublement de la 73, jusqu’à l’entrée de la Réserve faunique des Laurentides et deux études d’impact », d’indiquer la porte-parole.
En ce qui concerne les gens d’affaires, le premier à se réjouir du doublement est le président directeur général de Bétons préfabriqués du Lac, une entreprise almatoise qui fait des affaires jusqu’au Brésil. Le fait de n’avoir, jusqu’à maintenant, accès qu’à une simple route à deux voies lui a causé des maux de tête, quand des panneaux devaient être livrés dans des délais précis dans la région de Montréal ou Boston, par exemple, où la réputation de l’entreprise est excellente. Cependant, quand un camion de bois ou autre se renversait et qu’il fallait deux à quatre heures pour dégager la voie, la pièce manquante au « jeu de domino industriel » à compléter coûte cher. « Comment voulez-vous développer une région sans route? C’est le moyen de transporter les matériaux... Dans notre cas, il sort, à chaque jour, sept ou huit remorques de la région. Je trouve ça difficile, surtout en hiver, de passer par ce que j’appelle “ la trail de lièvre ”... Livrer sur un chantier de construction, ça se fait selon le principe “ just in time “; si une remorque arrive quatre heures en retard, ça retarde toute une équipe; ça coûte au minimum 1 000 $ de l’heure! », dit-il spontanément. Cet homme d’affaires, profond régionaliste, a pourtant continué à développer son entreprise dans sa région, par conviction.
Il est de ceux qui se
réjouissent des travaux routiers entrepris, mais il aimerait bien
que la réalisation se complète avant 2009, pour le bien des
développeurs économiques, industriels et du tourisme : « Pour
développer la région, la Vallée de l’aluminium, amener des
entreprises ici, ça prend un chemin ! Au moins, c’est encourageant
de voir les travaux en cours! » M. Bouchard ne manque pas
d’anecdotes relatives à des inspecteurs d’une association
professionnelle et autres visiteurs venus voir ses usines de la
région, et qui se demandaient « comment nous faisions pour vivre
ici, sans chemins adéquats; l’étranger qui traverse le parc en
février est découragé et on ne le reverra pas! » L’entreprise est
crédible : elle a été reconnue, en 2001 et 2002, parmi les 50
entreprises les mieux gérées au Canada, les « Fifty best », dit
avec fierté le grand patron.
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