|
Membre du
|
|
||||||||||||||||||
|
Les ponts : par Claude Giguère Près de 10 000 ponts desservent le réseau routier québécois et quatre millions de véhicules les empruntent quotidiennement. D’une valeur de plusieurs milliards de dollars, ces ouvrages et structures vont de quatre mètres de longueur à plus de 2 700 mètres, selon les obstacles à enjamber. Pour l’instant, à chaque année, des dizaines de millions de dollars doivent être déboursés pour en assurer l’entretien, les rudesses de notre climat menant la vie dure à leurs tabliers et structures. Cependant, de récentes découvertes technologiques laissent entrevoir de nouvelles façons de procéder qui pourraient révolutionner la construction des ponts.
Au Québec, le ministère des Transports (MTQ) est responsable de la gestion et de l’entretien de 4 293 ponts, contre 4 318 pour les municipalités. Il s’agit ici de ponts routiers et ces chiffres ne tiennent pas compte de ceux qui sont administrés par de grandes municipalités comme Montréal, Laval, Longueuil et Gatineau, de même que des ponts sous contrôle du gouvernement fédéral (p. ex. Pont Champlain, Jacques-Cartier, et Victoria à Montréal). « Les ponts sous la responsabilité du MTQ ont une valeur de 5,6 milliards $ et une longueur totale de 261 kilomètres, alors que les ponts sous gestion des municipalités ont une valeur de un milliard $ et une longueur totale de 81 kilomètres », explique Laurence Lemay, ingénieure à la Direction des structures du MTQ. Elle ajoute que la majorité des ponts qui sont sous la responsabilité du ministère furent construits pendant la décennie 1960-1970 et furent érigés selon différents styles architecturaux : ponceaux, ponts à dalle épaisse, à poutre à âme pleine, à poutres-caissons, à poutres triangulées, en arcs, à câbles ou d’autres types (mobiles, levants, tournants).
Les plus petits ponts du Québec ont 4,5 m d’ouverture et le plus grand est le Pont Laviolette avec 2 700 mètres. Le pont de l’Île-aux-Tourtes, qui enjambe la rivière des Outaouais, à Montréal, fait pour sa part 1 940 mètres. Les autoroutes surélevées (Ville-Marie, Métropolitaine), si elles étaient considérées comme des ponts, battraient tous les records, mais elles sont comptabilisées en plusieurs sections et ponts pour fin de gestion par le MTQ.
L’entretien régulier des ponts du Québec représente une enveloppe budgétaire importante. Ainsi, le MTQ a dû débourser près de 150 millions en 2002. Développement oblige, cela n’empêche pas que d’importants projets de construction de ponts soient sur les tables à dessin.
Des ponts en plastique?
Vous avez bien lu. La recherche et le développement en matière de construction de ponts se tournent maintenant vers des tabliers de béton renforcés de matériaux composites (fibres de verre et carbone), nous apprend le département de génie civil de l’Université de Sherbrooke. L’institution et son chercheur Brahim Benmokrane collaborent de près avec le MTQ dans ce dossier, et le premier pont en matériaux composites sur autoroute en Amérique du Nord a été érigé récemment sur la 55, au-dessus de la rivière Magog. « En Amérique du Nord et plus particulièrement au Québec, la corrosion occasionnée par l’épandage de sel de déglaçage est le premier facteur réduisant la durée de vie des ponts en béton. Il faut donc trouver une solution durable pour prolonger la durée de vie de ces structures et pour réduire les coûts de réparation sans cesse grandissants », explique un communiqué publié par l’équipe de M. Benmokrane. En 2002, leurs travaux de recherche avaient mené à la construction de deux autres ponts du même genre, l’un au Québec à Wotton et un autre dans le Vermont. On vante les tabliers renforcés de matériaux composites en soulignant que vu leur légèreté et leur solidité, ils résistent mieux à la corrosion causée par l’épandage de sel ainsi qu’aux contractions liées au dégel. Afin de bien évaluer les réactions de ces nouveaux ouvrages, on a installé dans le pont de la 55 des capteurs électroniques à fibre optique qui permettront de suivre leur évolution. Depuis 1997, une trentaine de ponts du genre auraient été construits dans le monde. Pour ce qui est de tabliers de ponts constitués uniquement de matériaux composites, on en retrouverait seulement quatre au monde, soit au Danemark, en Écosse, en Suisse et aux États-Unis. La suite des choses et la résistance de ces nouvelles structures nous diront si l’avenir des ponts du monde est fait de plastique!
Des ponts sur les planches à dessin : au Québec et dans le monde.
Au Québec, Laurence Lemay, ingénieure au MTQ,
informe que de nombreux ponts sont sur les planches à dessin. Il y
en a plusieurs, dit-elle, citant entre autres les projets reliés
aux routes 185, 175, 55, 50, et 30. Un groupe s’est aussi fait
remarquer au cours des dernières années en réclamant la
construction d’un pont au-dessus de la rivière Saguenay pour
relier Tadoussac à Baie-Sainte-Catherine, un projet titanesque qui
relèguerait aux oubliettes les traversiers qui s’acquittent
présentement de la tâche de transporter les véhicules qui entrent
ou sortent de la Côte-Nord. Si le coût escompté du projet,
prohibitif, semble faire reculer les autorités, il reste que des
études sur sa faisabilité auraient été commandées. Ailleurs dans
le monde, citons un autre pont géant, celui de Messine qui devrait
permettre d’ici quelques années de relier la Sicile à l’Italie. À
quand des ponts reliant les continents au-dessus des océans,
doivent se demander quelques rêveurs!
|
|
||||||||||||||||||