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Outaouais : une
autoroute et un aéroport par Sylvain Dupras Les infrastructures routières et les facilités de transport, tels les aéroports, comptent parmi les éléments qui favorisent un sain développement économique. Plus une région est bien outillée, plus les industries auront un intérêt à s’y installer. Afin de rendre ces régions encore plus attrayantes, deux projets majeurs ont cours présentement en Outaouais dont un concerne également les Laurentides: le prolongement de l’autoroute 50 entre Lachute et Gatineau, et la construction d’une nouvelle aérogare à l’aéroport international Macdonald-Cartier d’Ottawa.
Cette nouvelle aérogare de l’aéroport d’Ottawa ouvrira ses portes à ses premiers passagers en octobre prochain soit six mois plus tôt que prévu. Plus de 400 travailleurs de la construction s’affairent toujours à compléter cette impressionnante structure qui, en plus de l’aérogare, comporte un stationnement de trois étages, relié par des passerelles à l’aérogare, pouvant accommoder plus de 1 640 véhicules. Il s’agit du plus important chantier de construction de la région d’Ottawa-Gatineau depuis plusieurs années. Pendant que plusieurs chantiers plus modestes encaissent des retards dans l’échéancier, c’est l’inverse qui se produit à l’aéroport international d’Ottawa.
« De fait, c’est l’échéancier initial qui est respecté », avance le vice-président à l’exploitation et aux services techniques à l’aéroport, Pierre Lanoix. « Nous avions ajouté quelques mois au calendrier, question de ne pas bousculer nos opérations. Il faut savoir que ce chantier de construction est très complexe et le fait qu’il n’y ait pas de retard est déjà un exploit en soi. Notre gestionnaire de construction, la firme PCL, y est pour beaucoup. »
Les travaux de construction ont débuté en mai 2001 et la structure a levé de terre en janvier 2002. L’édifice et toutes les facilités de l’aérogare seront complétés l’été prochain et la direction de l’aéroport se donne quelques mois pour roder les nouveaux équipements avant d’y recevoir ses premiers passagers en octobre prochain.
Un projet de 300 M $
Cette construction a commandé un budget de 300 millions $ et la majorité des contrats, octroyés par appels d’offres, ont été accordés à des firmes de la région immédiate. L’été dernier, on comptait jusqu’à 800 travailleurs sur ce chantier de construction. « La disponibilité de la main-d’œuvre en quantité suffisante était une préoccupation majeure lorsque nous avons élaboré ce projet en 1999. Mais avec l’effondrement de l’industrie de la haute technologie, cela a changé les données dont nous disposions à ce moment-là, de sorte que la pénurie de la main-d’œuvre, dans le domaine de la construction, ne nous a pas affectés. »
La Corporation privée, qui gère l’aéroport depuis 1997, n’a pas eu de difficulté à financer ce projet. D’ailleurs, à part une mise de fonds initiale de 30 millions $, l’emprunt de 270 millions $ sera entièrement remboursé par les passagers qui utiliseront l’aéroport d’Ottawa en raison d’une surcharge de 15$ le billet d’avion.
« La première préoccupation de la Corporation, lorsque Transports Canada a cédé la gestion de l’aéroport, était de déterminer les besoins futurs de cette infrastructure, avance M. Lanoix. Une étude a démontré que les pistes répondaient à nos besoins pour les vingt prochaines années mais que l’aérogare actuelle pouvait répondre aux besoins uniquement jusqu’en 2005. Après avoir rejeté l’idée de rénover l’aérogare en place, construite en 1967 et agrandi en 1987, nous avons opté pour une nouvelle construction, beaucoup plus moderne qui répondrait à nos besoins pour les dix prochaines années. Les installations ont été construites de façon à permettre un projet d’expansion de phase II, de 48 millions $, lorsque le nombre de passagers le commandera. »
L’aéroport d’Ottawa existe depuis 1919 et les longues pistes ont été aménagées dans les années 50. Avec la privatisation de l’aéroport, des gestionnaires des deux côtés de la rivière des Outaouais siègent sur le conseil d’administration. L’aéroport procure de l’emploi à 140 personnes, excluant les personnels des transporteurs aériens et des différentes concessions. La nouvelle aérogare a une superficie de 60 000 m2 , contre 37 000 m2 pour l’aérogare actuelle.
« La nouvelle aérogare de l’aéroport d’Ottawa sera l’une des plus modernes au pays et les passagers seront agréablement surpris par l’aménagement et les facilités qu’il y retrouveront», poursuit M. Lanoix.
Une autoroute 50 très attendue
Le dossier de la construction de l’autoroute 50, reliant l’Outaouais aux Laurentides, est en discussion depuis plus de 40 ans. Des sections ont été construites à partir de l’autoroute des Laurentides jusqu’à Lachute puis de l’autoroute 5, à Gatineau, jusqu’au secteur Masson-Angers, à l’est de Gatineau. Un dossier hautement politisé mais qui a bien peu progressé ces dernières années.
Tous les politiciens s’entendent pour dire que cette autoroute est essentielle pour assurer le développement industriel de Gatineau, un secteur déficient en Outaouais, et pour favoriser les échanges entre les régions des Laurentides et de l’Outaouais. Une lueur d’espoir est apparue l’année dernière alors que le gouvernement du Québec annonçait un calendrier de construction en entier de cette autoroute d’ici 2007. Le tracé a d’abord été redessiné, en tenant compte des terres agricoles, puis le calendrier est venu fixer le budget nécessaire à cette construction.
Il est question d’un budget de 400 millions $ qui a été annoncé par Québec l’année dernière pour construire 90 km de cette route qui en comptera au total 150 km avec les tronçons déjà construits. On parle ici d’une autoroute à deux voies. Toutefois, des pourparlers sont en cours avec Ottawa pour que cette autoroute ait quatre voies, tel que prévu initialement.
Trois raisons principales
ont motivé Québec à compléter cette autoroute : accentuer le
développement industriel de Mirabel et de Gatineau en reliant
l’Outaouais au reste du Québec; faciliter l’accès aux
installations touristiques des Laurentides aux gens de l’Outaouais
et de l’Ontario; et faciliter l’accès vers la région de Montréal.
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