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Remblai routier en polystyrène et en
sciures de bois: par Carl Thériault Le remblai léger, le plus volumineux jamais réalisé au Québec dans une infrastructure de transport et le deuxième plus important au Canada, tient la route depuis la fin de sa construction en 1999 à l’est de Rimouski. Le viaduc, qui a été l’objet de ses travaux exceptionnels, est situé entre le 2e rang et la rue de la Gare à Saint-Anaclet près de Rimouski, en vue du prolongement de l’autoroute 20 qui passe au-dessus de la voie ferrée de la compagnie de chemin de fer de la Matapédia.
Pas moins de 1 350 chargements de camions-remorques de sciures de bois (86 000 mètres cubes) et 150 chargements de camions-remorques de polystyrène (14 000 mètres cubes) ont été nécessaires pour soutenir cet ouvrage.
Selon les ingénieurs Jacques D’Astous et Denis Demers, l’utilisation de matériaux légers « constituait la meilleure solution pour éviter des tassements du sol de support argileux tout en nécessitant une connaissance détaillée du comportement des sols et des matériaux légers ». Les études géotechniques avaient révélé que les sols de ce secteur contenaient en profondeur une couche de 15 à 20 mètres d’argile et de silt compressibles. L’utilisation de matériaux conventionnels aurait engendré à long terme un tassement et une déformation de la chaussée aux abords du viaduc.
Les travaux ont débuté en 1997 par la mise en place de la fibre de bois par couche de 300 mm densifiée par quatre passages d’un bouteur de 10 tonnes.
Une couche de gravier de trois mètres d’épaisseur, laissée pendant 18 mois et enlevée en partie par la suite, a permis le tassement de la sciure qui a été recouverte d’une membrane de polyéthylène avant la pose du polystyrène et d’une mince dalle de béton. Des problèmes de conduite ont ainsi été évités pour les automobilistes autant pour leur sécurité en empêchant le bris des pieux enfoncés dans le roc ou l’affaissement des glissières.
Le noyau léger de Rimouski a été réalisé sur une longueur de 155 mètres de part et d’autre de la structure du viaduc. Le noyau de polystyrène mesure 6 mètres d’épaisseur sur les 25 premiers mètres pour aller en diminuant progressivement. Le noyau de fibre de bois placé sous le polystyrène va de 4,5 mètres d’épaisseur jusqu’à 9 mètres.
Le suivi des équipes spécialisées de
Transports-Québec en géologie se poursuivra encore un an avant la
publication d’un bilan final de cette expérience. Les relevés
techniques disponibles indiquaient déjà en juin 2000 que les
tassements de chargement étaient terminés sept mois après la mise
en place de la surcharge, soit plus d’une année avant la mise en
service de l’autoroute. Transports-Québec prévoit pour une période
de 65 ans un tassement acceptable de 30 centimètres.
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