Rechercher :
Début du mot Mot entier Partie du mot

     

Logo MCI

 

 

 

Couvert du MCI

  Ce dossier a été publié dans l'édition d' avril 2003 du Magazine Circuit industriel.
   
  Pour ne pas manquer nos prochains dossiers, abonnez-vous gratuitement !
   
  Magazine MCI
  Notre sommaire
  Contactez-nous
   

 

Membre du

Logo CCAB division de BPAI

 

 

 

  Menu pour le MCI
 

 

L'aluminerie Alcan d'Alma :
la plus moderne au monde

par J.P. Gagnon

L'aluminerie Alcan d'Alma, la plus moderne au monde, est impressionnante par ses dimensions et sa productivité. C'est aussi la plus importante du réseau d'Alcan, en ce qui concerne la production. L'usine produit 400 000 tonnes métriques d'aluminium par année et l'investissement a atteint 2,9 milliards $ canadiens.

 

L'aluminerie se distingue par ses 432 cuves réparties dans quatre bâtiments : deux d'un kilomètre de longueur et deux d'un demi-kilomètre.

 

La bâtisse compte quelque 600 à 700 mètres de large. D'une levée acoustique à l'autre, la largeur de l'usine touche près de 800 mètres; des amoncellements de terre entourant l'usine évitent que le bruit affecte les zones résidentielles des environs. Son démarrage s'est amorcé à l'automne 2000, ce qui a conduit à la pleine opération à la fin de septembre 2001. L'usine est la première d'Alcan à être dotée de cuves de la technologie Péchiney AP-30. Elles s'activent à l'aide de 330 000 ampères. Comme ailleurs, on voit à l'optimisation des procédés électrolytiques et à l'utilisation des mêmes équipements. M. Richard Goulet, porte-parole au sein de la Direction des communications d'Alcan, souligne le virage qu'a constitué le passage à la technologie Péchiney. Au fil de l'évolution technologique, on est passé à la technologie des anodes précuites, ce qui a permis la réduction des HAP, une technologie qu'offre notamment Péchiney, le choix retenu à Alma.

 

"C'est comme une Formule 1 ! Toutes les personnes qui y travaillent doivent faire en sorte de gagner la course. Chaque membre de l'équipe doit accomplir sa tâche au bon moment, peu importe sa fonction, afin que l'enchaînement se déroule bien. Notre gros défi est de continuer le travail fait au démarrage, pour amener l'usine à de nouveaux sommets. C'est impressionnant de voir la qualité du personnel de notre équipe", lance sans hésiter le nouveau directeur Dominique Bouchard, en fonction depuis le début février. En mars 2003, le nombre d'employés atteignait 850 personnes, soit une centaine de plus que ce qui avait été estimé lors des étapes d'ingénierie et de conception de l'usine. Par comparaison, l'usine Grande-Baie, qui a plus de 20 ans, produit environ 200 000 TM par année avec un peu plus de 500 employés

 

À Alma, les équipements installés permettent de restreindre les émissions polluantes: elles sont inférieures aux exigences gouvernementales. "C'est une usine très performante au plan de la production de l'aluminium et en ce qui concerne la réduction des impacts à l'environnement, par tonne d'aluminium produite...", résume M. Richard Goulet. L'aluminium d'Alma est destiné principalement aux marchés de l'automobile et du câble.

 

Étapes de construction

 

La première pelletée de terre a eu lieu le 9 février 1998. Ensuite, on a lancé le démarrage des premières cuves en octobre 2000. Pendant ce temps, la construction se poursuivait dans cette immense usine.

 

En période de pointe, le plus grand chantier privé en Amérique du Nord accueillait 4500 personnes par jour : des travailleurs syndiqués de la construction, mais aussi des représentants, des entrepreneurs et membres de l'équipe de gérance d'Alcan. Les travailleurs de la construction ont atteint une pointe de 3500 personnes par période de 24 heures.

 

Construction à venir

 

Alcan a fait savoir, au début 2003, qu'elle va construire, à même son aluminerie d'Alma, un nouveau Centre de revêtement de cuves, une bâtisse indépendante mais intégrée à l'usine.

 

Il s'agit d'un investissement de 60 millions $ canadiens, lequel entraînera la création de 200 emplois additionnels. Les personnes qui y travailleront seront assujetties à une convention collective de travail différente du reste de l'usine, mais seront représentées par le même syndicat.

 

La construction, qui débute au printemps, prendra fin à l'automne 2004. Le chantier comprendra une soixantaine de travailleurs, en moyenne, mais avec une pointe de 120 à 125. Les activités du Centre de revêtement des cuves seront cycliques, afin de minimiser les inconvénients tels que les indésirables mouvements de main-d'oeuvre.

 

Alcan et le syndicat local ont convenu d'une approche novatrice. Elle consiste à l'embauche de personnes qui n'ont pas terminé leurs études secondaires et qui désirent s'engager dans un processus d'alternance travail-études en vue de compléter leurs études. La séquence sera de 30 mois de travail au Centre de revêtement des cuves, période qui est suivie d'un retour aux études pour compléter leur scolarité durant l'arrêt des activités du centre. Cette approche permet de contrer le décrochage scolaire en région et de favoriser l'intégration sur le marché du travail de personnes en voie de compléter leur formation académique.

 

Alcan devra volontairement refaire le revêtement de cuves qui n'auront pas atteint leur durée de vie, laquelle est presque de cinq ans. Il faut considérer le fait que le démarrage des 432 cuves s'était fait dans un délai d'un an et, par conséquent, que celles-ci auraient atteint presque en même temps la fin de leur durée de vie. La procédure de remplacement progressif permettra d'assurer un cycle de remplacement approprié à long terme.

 

Le fonctionnement ininterrompu d'une cuve durant cinq ans fait en sorte que le revêtement intérieur (briques réfractaires et produits carbonés) se détériore et rend le procédé d'électrolyse moins efficace. Il faut alors procéder au remplacement du revêtement intérieur, soit le retrait de la brasque usée et la mise en place d'un nouveau revêtement. Ce sera la tâche des 200 employés de la nouvelle usine, et cela, de façon cyclique. La brasque est considérée dangereuse au contact de l'humidité, car elle dégage de l'hydrogène et du méthane. Jusqu'en 2000, Alcan entreposait la brasque dans des entrepôts de Jonquière où l'on en retrouve 500 000 tonnes.

 

Depuis octobre 2001, le ministère de l'Environnement n'autorise plus Alcan à entreposer des brasques usées provenant de ses opérations courantes. Alcan expédie ses brasques en Arkansas pour des truction, en attendant de trouver une solution permanente et durable pour le traitement des brasques au Québec.

 

Des retombées pour la région

 

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a profité des retombées importantes de la construction de l'aluminerie d'Alma, à savoir quelque 40 % de l'investissement global. On évalue les retombées directes à 1,16 milliard $ dont 460 millions $ pour le territoire de la MRC Lac-Saint-Jean-Est, soit 16 % de l'investissement global.

 

Alcan est très consciente de l'impact qu'a une usine de cette importance sur son milieu immédiat et l'ensemble de la région. M. Goulet souligne d'abord l'impact des emplois permanents, ce qui stimule l'économie. Il rappelle l'impact des liens de l'entreprise avec ses fournisseurs de biens et services, la formation du personnel, et l'impact sur les taxes de la municipalité d'Alma, un autre impact récurrent.

 

Interrogé en mars 2003, le maire d'Alma, Jean-Maurice Harvey, parle d'impacts majeurs et multiples pour la municipalité et pour le dynamisme d'une région. "Nous avons une municipalité qui a le vent dans les voiles. Elle est l'une des mieux positionnées pour la génération à venir." La présence d'une usine de classe mondiale a aussi un impact sur l'ensemble des industries de la région et de tous les services. L'usine dépasse maintenant les 300 nouveaux emplois... sans compter les 200 à venir avec le futur Centre de revêtement des cuves..." Il souligne aussi des retours fiscaux dont chaque citoyen et entreprise a pu bénéficier. Outre la baisse de taxes sur une période de deux ans (2000 et 2001), il y a eu gel de taxes depuis bientôt 11 ans. Le dernier règlement d'emprunt municipal date d'octobre 1999, de sorte que la dette s'efface au rythme de l'échéance des emprunts passés. La dette qui dépassait 1500 $ par habitant passera sous les 1000 $ à la fin de 2003 ; une réduction du tiers que souligne le maire, heureux que sa municipalité soit parmi les moins taxées au Québec. Il rappelle aussi les investissements de 175 millions $ commencés par Abitibi-Consolidated pour faire de ses installations d'Alma, une usine de classe mondiale.

 

Quant à l'ancienne usine Alcan, elle présente un potentiel de transformation de près de 600 000 pieds carrés. À Alma, on a formé le CETAL (Centre de transformation d'Alma), pour s'en occuper. Alcan a cédé l'ancienne usine qui se situe à moins d'un kilomètre de la nouvelle aluminerie pour 1 $, en juin 2001.

 

Le président du CETAL, Gilbert Tremblay, se montre optimiste. Le CETAL n'accueillera pas que des entreprises liées à l'aluminium. Il s'ouvre notamment à tous les métaux et au bois.

 

M. Tremblay souligne qu'avec la collaboration d'Investissement Québec et de Développement économique Canada, " le CETAL devrait avoir bientôt un ensemble d'outils qui permettront aux entreprises, qui veulent s'installer dans ses locaux, de disposer de subventions, prêts sans intérêt ou autres moyens de soutien ". Il s'attend aussi à ce qu'Investissement Québec fournisse des fonds pour faciliter les opérations courantes. Le dossier des élections a mis en suspens cet élément, prévu au budget.

 

Actuellement, le CETAL loge déjà des entreprises de services. La part principale de la bâtisse couvre l'ancien espace des salles de cuves. Les entreprises admissibles au Carrefour de la nouvelle économie (CNE) peuvent profiter des avantages offerts pas Investissement Québec et choisir de loger dans une partie des installations du CETAL. L'étage des bureaux peut servir à des petites entreprises non industrielles, admissibles aux subventions du Carrefour de la nouvelle économie.

 

Le directeur du département d'urbanisme et de planification socio-économique d'Alma, Jean-Claude Lusinchi, membre de l'ancien comité de maximisation des retombées économiques de la construction de l'usine almatoise d'Alcan, comité mis en place en 1997 par le conseil régional de concertation et de développement (CRCD), lorgne déjà du côté du nouveau Centre de revêtement des cuves, en construction jusqu'à l'automne 2004. La municipalité a changé de visage avec des artères additionnelles et améliorées. Les retombées avaient dépassé les espoirs. L'expertise des entreprises du milieu leur permettra de bien se positionner pour la nouvelle construction, mais de moindre importance. Alcan fera des appels d'offres locaux et régionaux, auxquels des entreprises ayant fait leurs preuves lors du chantier principal pourront répondre.

 

Président de la Chambre de commerce et industrie Lac-Saint-Jean-Est, Claude Cardinal souligne l'apport économique important, tant lors du chantier de construction de l'usine, que depuis. "Nous avons obtenu un fractionnement au plan de l'attribution des contrats, lors des appels d'offres d'Alcan, ce qui a permis à des fournisseurs de services et à des entrepreneurs en construction de se positionner. L'annonce récente de la construction du Centre de revêtement des cuves ajoutera des emplois et aura d'autres retombées..."