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Alphacasting par Bernard Gauthier Le coût d'opération du titane a toujours été l'obstacle majeur qui a freiné sa demande et sa production en grande série. Malgré tout, les secteurs de l'automobile et de l'aérospatiale ont constamment exploité ce matériau afin de faire des économies et d'augmenter les distances parcourues par leurs produits tout en conservant les mêmes quantités de carburant. Alors, une question se pose : comment en arriver à exploiter le titane, un matériau de qualité, à des coûts raisonnables ?
C'est ce qui a incité Alphacasting, une entreprise située dans l'arrondissement Saint-Laurent à Montréal, à faire des recherches en ce sens. Ses résultats lui ont permis de mettre au point une technique de moulage à la cire perdue de pièces de titane à parois minces et à haute intégrité structurale. Selon le directeur des ventes, Frederik Centazzo, cela offre la possibilité de réaliser des pièces plus complexes qui requièrent des finis de surface, une adhérence à des tolérances rapprochées et des combinaisons de détails de configuration. Les coûts de cette technique sont peu élevés, sa production peut se modifier aisément et sa souplesse diminue les opérations ultérieures.
Grâce à ce développement, cette société est rapidement devenue la seule fonderie au pays à offrir des services en titane, le chef de file en moulage de précision ferreux et non ferreux, et l'un des plus importants fournisseurs à œuvrer dans les secteurs de l'aérospatiale, de l'armement, de la foresterie, des sciences médicales, de l'industrie militaire, des télécommunications et du transport.
Fondée en 1991, Alphacasting investit 225 000 $ par année dans la recherche et le développement. Récemment, la société a acheté un spectomètre A.R.L. à 34 canaux, une fournaise V.I.M. sous vide de 400 livres, une imprimante à stéréo lithographique 3D et ajouté le système Pro-Engineer à son réseau informatique. Après avoir fait l'acquisition de son premier four à vacuum pour la coulée sous vide de divers matériaux exotiques en mai 2002, la société Alphacasting exécute sa première coulée de titane en octobre dernier dans le cadre de son projet de recherche.
100 alliages
La fonderie occupe une superficie de 51 000 pi2 et requiert les services d'une centaine d'employés. La température est contrôlée sur 40 % de l'espace total de l'usine pour obtenir une meilleure stabilité des procédés de moulage. Alphacasting offre la possibilité de 100 alliages différents dont l'aluminium, le bronze, les aciers de carbone, les aciers inoxydables des classes 300 et 400, incluant les 15-5PH et 17-4PH, et bien entendu, le titane qui s'est ajouté dernièrement. Le poids des pièces à mouler peut varier de quatre grammes à quinze kilogrammes, selon les métaux utilisés. Pour répondre aux besoins de ses principaux secteurs d'activités, Alphacasting n'a pas lésiné pour robotiser sa chambre de moulage, automatiser ses injecteurs de cire et se doter de fournaises programmables, d'un analyseur d'images pour microstructure et d'une chambre à rayons X.
Aujourd'hui reconnue deuxième fonderie en
importance au Québec, Alphacasting estime être en mesure de
doubler son chiffre d'affaires au cours des cinq prochaines
années. En août dernier, l'entreprise a même été
sélectionnée par les sociétés prestigieuses BAE Systems,
Lockheed Martin et Raytheons pour soumissionner dans le cadre du
projet JFS. Si tout se déroule comme prévu, d'autres employés
seront embauchés l'an prochain pour répondre à la demande sans
cesse croissante des industries.
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