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Dans le peloton de tête des PME québécoises Gestion Montemurro a joué gagnant avec Robert Cloutier ! par Yves Falardeau L'industrie agroalimentaire de l'Abitibi-Témiscamingue est en voie d'expansion. On connaît le potentiel de cette jeune région ressource dans les secteurs minier et forestier, et même dans le secteur agricole. Or, elle accueillera dans les prochaines années un développement important dans l'agroalimentaire !
Guiseppe Montemurro serait fier de son successeur, s'il était là pour voir les succès qu'accumule l'entreprise qu'il a fondée il y a déjà 75 ans, à Rouyn-Noranda. Une prospérité impressionnante due en grande partie à Robert Cloutier, président et chef de la direction de Gestion Montemurro, un homme d'affaires qui aime et qui sait accumuler les succès.
Il n'y a pas que les gens de l'Abitibi-Témiscamingue qui reconnaissent les succès et les capacités d'homme d'affaires de M. Cloutier. Gaétan Frigon, qui a notamment eu beaucoup de succès chez Métro-Richelieu, demandait en octobre 2002 devant les dirigeants du Conseil canadien des distributeurs en alimentation : " Où serait une entreprise comme ADL si un Robert Cloutier n'avait pas décidé de s'expatrier à Rouyn-Noranda pour en prendre la direction à un moment critique de son histoire ? "
L'ancien grand patron de Loto Québec, de la SAQ et de Métro-Richelieu louangeait les mérites de son ancien collègue de travail avec raison. Depuis l'entrée en fonction de Robert Cloutier, Montemurro n'a cessée de progresser. Pas une année déficitaire au cours de son règne et le chiffre d'affaires a presque triplé.
Tout un succès !
L'entreprise appartient en grande partie à la famille Montemurro (majoritaire) et à Robert Cloutier. Ce dernier a donc tout avantage à faire progresser l'entreprise. Le chiffre d'affaires de Montemurro est aujourd'hui de 250 millions $, presque le triple de ce qu'il était à l'arrivée en région de M. Cloutier. " La famille est très satisfaite des résultats financiers ", note souriant le sympathique dirigeant qui doit l'être aussi. L'entreprise veut demeurer régionale et privée. Elle emploie directement avec A. de la Chevrotière, Délicana et ses autres filiales 350 personnes et 2 000 indirectement. Elle se situe dans le peloton de tête des PME du Québec.
Si Montemurro chemine si bien vers des cieux favorables, c'est en grande partie à cause de Robert Cloutier, de son dynamisme, de sa passion pour le développement régional, de son charisme et de ses connaissances du monde des affaires.
Un homme venu d'ailleurs
Beaucoup de cerveaux quittent l'Abitibi-Témiscamingue pour d'autres cieux et plusieurs crient au secours, avec raison. D'ailleurs, Amos recevra du 9 au 11 mai prochain le 3e Congrès national pour l'Avenir des jeunes innovateurs regroupés en région. L'objectif de cet exercice est de dire aux jeunes des régions combien il fait bon y revenir après leurs études et y faire carrière.
Mais il y a aussi des bâtisseurs qui découvrent une région ressource où le potentiel d'affaires est grand et à développer. C'est le cas de Robert Cloutier. À 34 ans, plein d'ambition et d'expérience malgré son jeune âge - ce qui peut paraître paradoxal -, il débarque à Rouyn-Noranda pour prendre la direction de l'entreprise Gestion Montemurro en 1986. Il travaillait jusqu'alors chez Métro, comme vice-président marketing où il était à bonne école. Depuis, les honneurs et succès fusent de toutes parts pour cet homme de Saint-Alexandre d'Iberville, petite communauté de la Montérégie.
" Sitôt arrivé à Rouyn-Noranda, dira-t-il à MCI, j'ai renégocié l'entente que Métro venait de signer avec ADL et Délicana, car il y avait de petites choses à ajuster. " Il était maintenant de l'autre côté de la table de négociation et avait donc tous les atouts en main pour renégocier ferme, à l'avantage de sa nouvelle entreprise.
L'alliance commerciale avec Métro, qui détient aussi des actions, permettra à Montemurro de choisir sa mission. Plutôt que de demeurer grossiste et détaillant - et continuer à faire concurrence à ses propres clients -, elle a choisi de consolider sa première vocation et de vendre la partie détail. Une décision qui lui permettra de consolider son marché et de le développer.
Montemurro et le nord
Dernièrement, en juin 2002, après deux ans de discussions, Montemurro a décroché un important contrat avec la compagnie mère de la chaîne de magasins Northern, anciennement Compagnie de la Baie d'Hudson. ADL et Délicana approvisionnent à partir de Rouyn-Noranda 40 magasins sur le littoral de la baie James et de la baie d'Hudson du nord du Québec et de l'Ontario, et au Nunavut. Une opportunité intéressante pour l'entreprise d'élargir son marché dans un territoire difficile d'accès.
Northern Stores est présente dans chaque village inuit du Nunavik, dans le nord du Québec. Ses magasins sont la seule alternative québécoise aux succursales de la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Leurs marchés se ressemblent, mais une saine concurrence s'y est établie et Northern ne veut pas laisser aller sa place stratégique dans un marché qui est en voie de développement économique.
" Cette nouvelle alliance consolide non seulement notre rapport d'affaires avec la North West Co., mais ouvre également de nouvelles voies pour un développement mutuel sur les marchés nordiques ", a déclaré Robert Cloutier, fier de son entente. Un contrat alléchant dans une région approvisionnée aussi par son concurrent régional Ben Deshaies, il n'allait pas le manquer ! Il a donc travaillé fort et a négocié dur avec la North West de Winnipeg pour occuper une position stratégique.
" Au cours des négociations, a dit Robert Cloutier à MCI, nous avons fait comprendre à la North West qu'elle avait avantage à approvisionner ses magasins chez nous. Nous lui avons présenté un plan d'affaires démontrant que c'était payant pour elle ". Et quand elle l'a compris, l'entente allait de soi.
Implication régionale
Robert Cloutier était fier de confirmer à MCI qu'environ 10 % des produits que vend Montemurro provient du marché régional. Il connaît et reconnaît le potentiel intéressant de l'Abitibi-Témiscamingue dans la production agroalimentaire (voir MCI février-mars 2003). Même s'il avoue que la concurrence est féroce en matière de qualité et de prix, il se fait un devoir de répondre à la demande qu'il a aidé à créer, car les gens lui demandent de plus en plus des produits régionaux.
L'homme d'affaires n'en a donc pas que pour le développement de son entreprise. Il est également bien connu pour son implication régionale et provinciale dans divers conseils d'administration et comités. Il l'est également pour son rôle de meneur et son dévouement dans le développement économique de l'Abitibi-Témiscamingue, sa région d'adoption.
Avec d'autres, diront les puristes, il a mis sur pied le Club Défi et a collaboré à une levée de fonds de plus d'un million $ dans un temps record. " Un des plus hauts faits d'armes à être survenu dans les 75 ans d'histoire de Rouyn-Noranda ", dira Jean-Yves Baril alors président de la Chambre de commerce de Rouyn-Noranda.
La vision du Club Défi est surtout la diversification par la PME, " mais on ne serait pas contre recevoir dans notre région une grosse entreprise ", souligne M. Cloutier. Le club a créé au-delà de 300 emplois dans les deux dernières années. Le premier succès de ce défi est la création par Montemurro, Télébec et la Banque nationale de Prioximédia, d'un centre d'appel qui emploie actuellement 130 personnes sur un potentiel de 200.
Même s'il est un gars de région, M. Cloutier est également impliqué au niveau canadien, notamment comme président du chapitre Québec de la CCDA, v.-p. de la Chambre de commerce du Québec et conseiller sur un comité aviseur de la Banque nationale du Canada.
Robert Cloutier est le genre de fils que
plusieurs mères aimeraient avoir. Jeune, riche, beau, intelligent
et très articulé. Un homme qui pense certainement profit, mais
qui a une vision du développement régional qui fait du bien à
une région qui en a besoin ! Un homme également si à l'aise
devant un micro, une foule, en entrevue télévisée ou à gérer
des millions $ qu'il pourrait bien se retrouver avec un
portefeuille ministériel dans quelques années.
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