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  Ce dossier a été publié dans l'édition de février 2003 du Magazine Circuit industriel.
   
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Une ressourcerie originale prouve son utilité

par J.P. Gagnon

Le nord de la municipalité d'Alma possède l'une des rares ressourceries au Québec dont la construction a été pensée en fonction d'une réutilisation et revalorisation d'un maximum de la ressource récupérée. Il s'agirait de la seconde au Québec à avoir adopté une structure à deux paliers, permettant des étapes de récupération et recyclage, dès l'arrivée de divers objets et matériaux dont les gens viennent s'y départir. Aucune autre au Québec n'aurait adopté cette structure, selon la direction.

 

Au cours de la première année de fonctionnement, on évalue à 6 600 tonnes le total récupéré, ce qui inclut 3 300 tonnes de collecte sélective. Le total de traitement comprend l'ancien mode de collecte, en janvier 2002, et les projections pour novembre et décembre de cette même année.

 

Les citoyens apportent, à l'étage supérieur, de vieux meubles et électroménagers que l'organisation décide parfois de remettre en circulation, après les réparations de rembourrage et recouvrement. Les gens disposent parfois directement de débris divers dans l'une ou l'autre des sept sections de tri, dont cinq à l'intérieur qui sont directement accessibles aux citoyens, plus deux à l'extérieur: métal ferreux, métal non-ferreux, matériaux secs et bois, branches (près de 200 tonnes depuis l'ouverture) destinées au compostage, carton et plastique, rebuts irrécupérables (meubles, matelas, tapis), et certains matériaux de construction qui vont au site d'enfouissement comme la laine minérale et le bardeau asphalté. Par contre, la terre destinée au remblai, le béton et les briques font partie des matières réutilisées. Les cinq sections intérieures à aires ouvertes sont accessibles par le rez-de-chaussée. Ainsi, le personnel fait un tri de ce qui est récupérable et peut être cédé aux citoyens ou entreprises, par exemple la récupération de métal ou bois de construction (du bois en bon état).

 

À droite de cette section, une immense porte permet aux camions de la collecte sélective de déverser le contenu des bacs de récupération que des appareils entassent puis déversent dans l'immense presse horizontale. Le tout est pressé, à raison de 8 à 10 tonnes l'heure, en immenses ballots puis expédié au CFER (Centre de formation en entreprise et récupération) de Roberval qui fait le tri et la valorisation des produits. Les ballots comprennent : plastique, verre, métal, journaux, carton et papiers divers ; éléments destinés en bonne partie à devenir une pâte que les papetières transformeront en papier mixte. Le verre sera concassé, broyé et nettoyé pour se retrouver en catégorie de verre mixte. Il peut être utilisé dans les traitements au jet de verre ou encore être refondu à l'infini. M. Gaston Tremblay évalue à 4 % ou 5 % le contenu des bacs bleus qui ira finalement au site d'enfouissement sanitaire après le traitement, à Saint-Prime. Actuellement, environ trois remorques de 30 tonnes quittent la Ressourcerie d'Alma pour Roberval chaque semaine.

 

Les citoyens participent plus

 

D'autre part, le nouveau mode de collecte sélective de porte en porte, avec des bacs de 240 litres ayant remplacé ceux de 64 litres, a eu un impact très important sur le pourcentage de matières récupérées par les citoyens. Ainsi, les 20 117 portes visitées, toutes les deux semaines, ont considérablement augmenté les quantités de matières résiduelles qu'elles déposent dans les grands bacs roulants; l'augmentation est de 40 % à 45 % pour neuf mois. Le recyclage accru est donc un objectif atteint ; ce qui n'empêchera pas un rappel public des principes, à la suite d'une légère baisse de l'enthousiasme initial au début de l'année, stimulé par une campagne médiatique jugée essentielle.

 

Toutes ces opérations se déroulent dans une vaste bâtisse de 12 800 pieds carrés et d'une hauteur de 25 pieds ; ce qui permet d'être opérationnel toute l'année. Dans un parc à conteneurs conventionnels, les rebuts y sont souvent déversés directement. Ce procédé ne permet pas d'y prélever les matières pouvant connaître une seconde utilisation. Après quelques semaines de rodage, la Ressourcerie d'Alma au Lac-Saint-Jean-Est fonctionne sur une base régulière. Depuis le début de février, elle reçoit le contenu des nouveaux bacs roulants de récupération.

 

Directeur général des entreprises de récupération du Saguenay-Lac-Saint-Jean, organisation chargée par la MRC de Lac-Saint-Jean-Est de la responsabilité du fonctionnement de la Ressourcerie de ce territoire, Gaston Tremblay dresse un bilan très positif du fonctionnement de cette infrastructure moderne de récupération et de recyclage.

 

Étape à venir

 

La réception de matériaux de type commercial est encore à venir. Comme les citoyens, mais dans une proportion bien plus grande, les entreprises, particulièrement celles du secteur de la construction, cherchent à valoriser le bois, élément majeur que ces gens apportent dans les ressourceries. M. Tremblay est tout à fait d'accord avec le Centre québécois en développement durable que 33 % des matières résiduelles qui se rendent aux sites d'enfouissement sont des déchets de construction. On considère cela aberrant. Le président de l'organisation (CQDD), Raymond Rouleau, soulève des interrogations sur les modes de construction de nos habitats. " Le tiers des déchets générés au Québec vient des matériaux de construction, rénovation et démolition. Selon une récente étude de Recyc-Québec, le bois occupe beaucoup de ce volume ", précise Gaston Tremblay.

 

La Ressourcerie qu'il gère compte d'ailleurs développer, en 2003, un nouveau volet de récupération. " En ce qui concerne le bois, le gouvernement du Québec réglementera bientôt l'accès aux sites d'enfouissement, allant jusqu'à l'interdire complètement. Cela se fera quand les milieux et les organisations de récupération disposeront des infrastructures nécessaires ", souligne Gaston Tremblay. D'ailleurs, le réseau Environnement a tenu, au début de novembre, un congrès provincial où on a abordé la valorisation et le traitement du bois, à partir de nouvelles technologies.

 

Le président des entreprises, Jocelyn Harvey, a été un artisan important du développement de la ressourcerie au Lac-Saint-Jean-Est ; un projet qui représente un coût total de 1,8 M $ . Le ministère de l'Environnement, gérant des matières résiduelles, avait investi 300 000 $ dans le cadre du programme d'aide aux entreprises en économie sociale, tandis que la MRC de Lac-Saint-Jean-Est avait été le pourvoyeur principal du projet.

 

De janvier à septembre, on a récupéré 2 679 tonnes métriques de matériaux recyclables et 10 tm de matériaux réutilisables.