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Un centre de recherche sur les feuillus qui pourrait bouleverser l'industrie forestière au Canada par Sylvain Dupras L'industrie forestière occupe une place prédominante dans l'économie canadienne. Dans la région de l'Outaouais, il s'agit d'une industrie créatrice de nombreux emplois, autant en usines qu'en forêts. Or, la mondialisation des marchés fait en sorte que l'industrie de transformation du bois devient soudainement moins compétitive. En effet, des pays du sud ont accès à des ressources forestières qui se régénèrent plus rapidement que celles du Canada. C'est pourquoi un centre de recherche sur les feuillus doit ouvrir ses portes à Thurso, en Outaouais, afin de créer génétiquement les essences d'arbres qui pousseront plus rapidement et qui répondront davantage aux normes de l'industrie.
Ce centre de recherche sur les feuillus devrait normalement être en chantier en milieu d'année, sur un terrain réservé par la municipalité, dans un parc industriel. Il pourrait être opérationnel en 2004. Ce projet démontre clairement l'importance des retombées économiques qui peuvent découler des recherches qui y seront entreprises. Ce n'est pas pour rien que la municipalité de Thurso a déjà réservé d'autres terrains pour prévoir la construction de nouveaux édifices dans lesquels seraient produits les arbres de l'avenir pour l'industrie forestière. Plusieurs emplois pourraient ainsi être créés, ce qui viendrait revigorer l'économie de Thurso et de sa région qui vit déjà du bois depuis des lunes.
Des alliés
C'est au printemps 2002 que ce projet de centre de recherche a été annoncé dans la ville de Thurso. Des papetières et des entreprises de transformation du bois sont associées à ce centre qui sera mis en place avec la collaboration de TransBIOtech, un centre de recherche et de transfert technologique et biotechnologique du Cégep de Lévis-Lauzon et l'Université de Colombie-Britannique. L'Université du Québec en Outaouais (UQO) ainsi que le Collège de l'Outaouais sont également impliqués dans ce projet.
Selon Jean-Pierre Benoit de Papiers Fraser à Thurso, la recherche dans le domaine des feuillus s'impose et jouera un rôle déterminant dans les opérations futures des entreprises forestières au Canada.
" Nos compétiteurs internationaux pénètrent nos marchés, dit-il. La production de leurs arbres est beaucoup plus performante qu'ici. Au Brésil et en Indonésie, nos compétiteurs sont parvenus à améliorer la génétique de leurs arbres. Par exemple, l'eucalyptus, qui prenait de 14 à 20 ans avant de venir à maturité, est maintenant prêt pour la coupe après seulement 7 ans. Au Canada, nous avons réussi à obtenir des peupliers à terme après 20 ans, ce qui est déjà très bien. Il faut maintenant viser 15 ans. "
La génétique des arbres
De fait, le centre de recherche de feuillus de Thurso s'intéressera à la génétique des arbres. Les chercheurs tenteront de créer des arbres qui auront les caractéristiques précises pour leur utilisation et transformation. Il est ici question de créer des arbres sur mesure, selon les besoins des industries.
" Il ne faut pas repartir à zéro, avance M. Benoit. Mais, ces recherches représentent à mes yeux le virage majeur des années 2000 dans notre industrie. Et cela se fera ici, à Thurso, dans notre cour. Les retombées économiques seront importantes. " De plus, l'un des principes de ce projet de recherche est de rapprocher le plus possible la matière première des usines de transformation.
" Au lieu de puiser notre bois dans les forêts lointaines, nous pourrions créer des plantations à proximité des usines et y puiser notre ressource, le bois, qui poussera plus rapidement et qui sera génétiquement meilleur pour les besoins de tout le monde. Et c'est dans l'Outaouais que l'on révolutionnera l'industrie du bois au Canada. "
Des étapes déterminantes
Des recherches similaires ont cours présentement en Suède. À Thurso, le conseil d'administration du centre de recherche a été formé et un directeur général a été embauché. Il s'agit d'Armand Renaud, qui a œuvré longtemps auprès des industries forestières et qui a également été membre du Comité de transition de la nouvelle ville de Gatineau.
À la mi-novembre, il a déposé un document préliminaire sur le plan d'affaires du centre de recherche. Un plan d'affaires qui précise les phases d'implantation du centre. " Il faudra aller chercher les subventions nécessaires auprès des entreprises privées et des organismes gouvernementaux et nous nous donnons six mois pour débuter la construction de l'édifice du centre de recherche au parc industriel de Thurso ", rajoute M. Benoit qui parle d'un premier budget de 400 000 $ à dénicher.
Les recherches viseront à trouver des solutions pour les industries du bois de première, deuxième et troisième transformation. Le maire de Thurso, Desmond Murphy, a travaillé sur ce dossier pendant deux ans. En annonçant le centre de recherche, il a parlé des retombées économiques.
" Cela va générer des emplois spécialisés dans notre MRC qui pourront attirer d'autres entreprises spécialisées, notamment dans la deuxième et troisième transformation du bois. La MRC Papineau doit profiter de la venue d'un tel centre de recherche. "
Pour l'instant, on parle d'une création
d'une douzaine d'emplois. Si tout va bien, les investissements qui
pourraient atteindre les 100 millions de dollars pourraient faire
la démonstration de l'impact certain de la présence d'un centre
de recherche dans sa cour.
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