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  Ce dossier a été publié dans l'édition de février 2003 du Magazine Circuit industriel.
   
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Retombées économiques régionales

Le milieu gaspésien prend l'initiative

par Carl Thériault

Le milieu économique gaspésien a déjà pris les devants afin de maximiser les retombées économiques régionales de la mise en valeur du potentiel gazier et pétrolier de l'estuaire et du golfe Saint-Laurent.

 


La Secrétaire d'Etat à la recherche, à la Science et à la technologie, Solange Charest, avec la ministre des Finances, Pauline Marois.

 

Le Conseil régional de développement et de concertation de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine (CRCD) a demandé à Hydro-Québec d'établir sur son territoire la direction des travaux techniques et professionnels de l'exploration, en s'inspirant du modèle de la direction des réseaux autonomes d'Hydro-Québec qui a créé à Gaspé même 80 emplois.

 

" Notre conseil d'administration a fait une demande à Hydro-Québec pour que les travaux d'exploration soient décentralisés ", a précisé Gilbert Scantlang, directeur général du CRCD de la Gaspésie-Les Îles.

 

Marc-Brian Chamberland, porte-parole d'Hydro-Québec, a répondu que la vice-présidence exécutive secteur gazier d'Hydro-Québec (25 emplois) sera installée à Québec (Sainte-Foy) d'ici 2005 principalement pour des raisons d'efficacité, ses collaborateurs travaillant tous dans la capitale (SOQUIP, INRS, Université Laval…).

 

La nouvelle industrie gazière et pétrolifère conduirait à la mise en place d'une expertise locale et de fournisseurs de biens et de services, d'investissements dans la formation de la main d'œuvre, d'attribution de contrats de R et D et de transferts de technologie.

 

Il est très difficile de connaître quelle pourrait être la répartition des retombées économiques et des emplois créés en Gaspésie par le développement de cette nouvelle filière énergétique.

 

Le volet exploration du plan 2002-2012 d'Hydro-Québec prévoit la création de 200 à 400 emplois directs et des investissements totaux de 1,5 milliard $ de 2003 à 2006. Le volet développement de la filière hydrocarbure engendrerait 4 000 emplois (forages, puits, plates-formes, gazoducs sous-marins) et celui de l'exploitation des ressources, de 200 à 300 emplois par année en région.

 

Il y a déjà sur le territoire gaspésien des infrastructures qui dans le cas de découverte de gaz et de pétrole pourraient être mises à contribution, notamment le chantier maritime Verreault de Les Méchins ou celui de Gaspé.

 

L'est du Québec est aussi doté d'un département de génie à l'Université du Québec à Rimouski et d'un centre de recherche appliquée en technologie marine, Innovation maritime, rattaché à l'Institut maritime du Québec.

 

Le cégep de la Gaspésie et des Îles serait aussi l'un des outils du développement des emplois en assurant la formation du personnel.

 

Hydro-Québec compare son projet à celui de Terre-Neuve-Hibernia, Terra-Nova et White Rose qui a engendré la création de 1 800 emplois directs en 2001-2002 et 900 emplois indirects. Dans la province de la Nouvelle-Écosse, les champs pétrolifères ont donné du travail à près de 1 500 personnes depuis le début de l'exploitation.

 

Mais il n'y a pas que la Gaspésie qui réclame sa part de retombées économiques régionales. La députée de Rimouski et secrétaire d'État à la Recherche, à la Science et à la Technologie du Québec, Solange Charest, veut aussi intervenir.

 

" Il faut aller chercher notre juste part au Bas-Saint-laurent. Ce n'est pas une guerre interrégionale. Nous sommes bien situés pour aller chercher de la main d'œuvre et des entreprises qui vont construire des infrastructures techniques. "

 

Les Gaspésiens comme les Bas-laurentiens devront être patients, le champ pétrolifère d'Hibernia à Terre-Neuve n'a été découvert qu'après 42 puits secs et le gigantesque champ de Leduc en Alberta en 1947, après 113 forages.