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Dossier environnement Des trésors dans les déchets par Claude Giguère L’industrie du recyclage et de la récupération connaît une croissance appréciable, et c’est encore plus vrai dans la grande région de Montréal où sont concentrés près de la moitié de la population de la province ainsi que bon nombre d’industries. Alors que c’est maintenant en millions de tonnes métriques que l’on calcule la quantité de matières résiduelles pour lesquelles un recyclage est possible, la sévère aggravation de nombreux problèmes environnementaux pousse la collectivité à se responsabiliser, ce qui favorise la présence de bon nombre d’entreprises spécialisées en récupération et en recyclage.
De petits trésors dorment dans les déchets de nombreuses entreprises et industries. Si la plupart d’entre elles le savent et pratiquent consciencieusement la récupération, il reste que les fluctuations des prix payés à la tonne pour les matériaux récupérés amènent certains d’entre eux à être parfois moins populaires, et donc moins recyclés.
On recycle plus tout en jetant plus
Au Québec, entre 1998 et 2000, la quantité de matières récupérées a augmenté dans le secteur des industries, des commerces et des institutions (ICI), passant de 1 780 000 tonnes (T) à 2 197 000 T. C’est Recyc-Québec, une société gouvernementale chargée de promouvoir et de gérer la récupération et le recyclage, qui publie ces chiffres. Pendant la même période, toutes les catégories de matériaux récupérables, sauf le verre, ont été récupérées en plus grande quantité. Globalement, on parle d’une hausse de 23 %.
Cependant, on apprend aussi que «la quantité totale de résidus éliminés a augmenté de plus de 1 300 000 T par rapport à 1998, soit une augmentation de plus de 24 %. À eux seuls, les lieux d’enfouissement sanitaire ont reçu plus de 1 160 000 T de résidus de plus qu’en 1998, soit une augmentation de 27 %. La quantité de résidus éliminés dans les dépôts de matériaux secs a augmenté de 24 %. Quant aux dépôts en tranchées et aux incinérateurs, la quantité de résidus acheminés dans ces installations a diminué.» Donc, on recycle plus, mais on jette plus en même temps. Les analystes mettent la faute sur la bonne santé de l’économie qui pousse les gens à consommer plus, et donc à jeter plus.
Des métaux populaires
En 2000, certains chiffres font état de plus de 1 500 000 T de métaux ferreux récupérés, contre plus de 100 000 T de métaux non ferreux. On dénombre une centaine de ferrailleurs au Québec. À l’échelle du pays, Ressources naturelles Canada compte plus de 2800 entreprises oeuvrant dans le large domaine du recyclage des métaux. Cette portion de l’activité industrielle de recyclage (métaux) occuperait également, au Québec, une quarantaine de fonderies et de manufacturiers. Des grandes entreprises spécialisées aux petits ramasseurs indépendants, beaucoup s’intéressent aux métaux qui se détaillent entre 20 $ et 1700 $/T selon le cas, le cuivre et l’aluminium étant les plus recherchés. Les fibres de papier et de carton, pour leur part, se détailleraient entre 25 et 235 $/T selon la qualité, les plastiques entre 15 et 285 $/T et le verre jusqu’à 60 $/T.
Et d’autres matériaux
La seule région de Montréal compte plus d’une centaine d’entreprises oeuvrant dans les secteurs de la récupération et du recyclage. Les métaux occupent certes une place de choix dans cette activité, mais d’autres matériaux attirent les convoitises, comme en témoigne la liste de leurs spécialisations : fibres (24), métaux ferreux (20), métaux non ferreux (18), matériaux informatiques (15), textile (15), plastiques (14), matériaux secs (13), résidus dangereux (10), verre (9), pneus (6), produits animaliers (6), carcasses d’autos (5), matières compostables (3), résidus de papetières (1), inclassables (4). On dénombre aussi dans la région de Montréal une quinzaine de compagnies qui récupèrent les résidus de démolition dans le but de les recycler.
Pour les années à venir, le ministère de l’Environnement souhaite que soient recyclés, dans les industries, commerces et institutions, 85 % des pneus, 95 % des métaux et du verre, 70 % du plastique et des fibres, y compris le bois et 60 % des matières compostables. Auprès des ménages de québécois, rejoints à hauteur de 83 % par la collecte sélective, on s’est fixé comme objectif d’atteindre un taux de récupération de 65 % d’ici 2008. Présentement, on amasse de cette façon plus de 11 000 T de boîtes de conserve et autres objets métalliques.
Pour le gouvernement, le ministère de l’Environnement et surtout Recyc-Québec, c’est la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles 1998-2008 qui guide l’action des années à venir en matière de récupération et de recyclage. Les objectifs fixés dans la politique précédente n’avaient pas été atteints, mais il faut savoir que les choses ont évolué rapidement au cours des dernières années. L’arrivée de Recyc-Québec, des durcissements législatifs, une information mieux diffusée quant aux conséquences environnementales des comportements irresponsables et de la sensibilisation bien ciblée, auront aidé à faire monter le taux de récupération.
Dans un contexte de lutte à la dégradation
de l’environnement, tous ceux qui participent au processus ont
un mérite, peu importe que leur motivation soit financière ou
écologique. Du simple «scrapeur», individu qui va de ruelles en
cours d’entreprises pour récupérer de la ferraille, en passant
par la grande entreprise spécialisée dans la récupération de
produits spécifiques et équipée d’une flotte de véhicules,
chacun est un maillon important de la chaîne du recyclage et de
la récupération, et mérite un coup de chapeau…en fibres
recyclées !
Sites à visiter : Recyc-Québec : www.recyc-quebec.gouv.qc.ca
Ministère de l’Environnement : www.menv.gouv.qc.ca/matieres/index.htm
Association canadienne des industries du recyclage : www.cari-acir.org/
Institute of Scrap Recycling Industries www.isri.org/
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