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  Ce dossier a été publié dans l'édition de décembre 2001 du Magazine Circuit industriel.
   
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Outaouais/Laurentides

 

La haute technologie, la nouvelle économie de l’Outaouais

par Sylvain Dupras

La région de l’Outaouais a intéressé ses premiers colons au début du 19e siècle pour son commerce de la fourrure. Puis, l’industrie forestière y a puisé sa matière première et y a transformé ce bois en pâtes et papiers. En ce début de 21e siècle, l’industrie du bois, principalement celle reliée à sa transformation, tient toujours une place prédominante dans l’économie outaouaise. Toutefois, la haute technologie se dresse maintenant comme la nouvelle économie insufflant une énergie nouvelle à la région.

 


L'outaouais vit maintenant au rythme des industries de 
la haute technologie.


Il est vrai que les voisins du sud, à Ottawa, ont été les premiers à se démarquer en cette matière, principalement dans le secteur ouest de la ville, à Kanata. Le «Silicon Valley North» draine la majorité des 1000 entreprises et des 70 000 emplois du secteur des hautes technologies dans la région de la Capitale nationale. Et ceci même si d’importantes firmes comme Nortel ont licencié plusieurs employés au cours des derniers mois.

 

Les petites entreprises continuent à se multiplier et à attaquer le marché nord-américain, comme le fait si bien Provance Technologies à Gatineau, qui, avec sa cinquantaine d’employés, parvient à arracher d’importants contrats à la NASA et au Pentagone, aux États-Unis.

 

Depuis plus de 30 ans que la région s’y prépare

 

Dès le début des années 70, les entreprises de la haute technologie se sont développées autour d’une masse critique d’entreprises spécialisées en télécommunications et en informatique. La région de la Capitale nationale du Canada, la quatrième agglomération en importance au pays, offre les avantages nécessaires pour attirer une main-d’œuvre spécialisée dans le domaine, comme les services des municipalités et les grands espaces verts. Du côté de l’Outaouais québécois, la venue d’entreprises de haute technologie n’a pas été soudaine. La ville de Hull en particulier, a identifié un parc industriel de haute technologie, afin d’y accueillir des entreprises de grande taille comme CML Technologie et Compaq. Il y a quelques mois, la société française Alcatel construisait une importante usine d’assemblage à Gatineau.

 

Depuis maintenant trois ans, les petites entreprises du domaine de la haute technologie bénéficient du programme d’abri fiscal du gouvernement québécois, connu sous le nom de Centre de développement des technologies de l’information (CDTI). Deux édifices offrent 90 000 pi2 pour 19 nouvelles entreprises, qui procurent de l’emploi à 500 personnes!

 

Le succès du CDTI

 

Tous les espaces disponibles du CDTI sont loués et les jeunes entreprises connaissent un succès à un point tel que certaines doivent faire leur nid ailleurs, afin d’obtenir plus d’espaces pour opérer leurs entreprises. Pour être admissible au CDTI, il faut compter au moins 20 employés et avoir tout de même les reins assez solides pour poursuivre l’expansion de l’entreprise.

 

Hemera Technologies a grandi dans ce CDTI, note l’un des trois copropriétaires, Marc-Antoine Benglia. «Nous avons lancé notre entreprise dans un sous-sol en 1997», dit-il. «Il y a un an et demi, nous avons atteint ces deux critères et nous avons eu la chance de profiter du CDTI qui consiste à offrir aux entreprises de haute technologie un crédit d’impôt remboursable de Québec, allant jusqu’à 40 % du salaire de l’employé technique admissible, pour un maximum de 15 000 $ par année. C’est un coup de pouce incroyable pour permettre aux entreprises de connaître une bonne expansion.» Hemera Technologies est une entreprise qui se spécialise dans l’élaboration de nouveaux produits informatiques destinés aux marchés de détail et de l’Internet, ainsi que l’intégration des actifs graphiques, préalablement acquis auprès de la société Corel Corporation.

 

Le programme du CDTI sera disponible en Outaouais pour une période de 10 ans, justement pour aider les entreprises de la haute technologie à ne pas rater le train de la nouvelle économie mondiale.

 

Une Cité de la nouvelle économie

 

Devant le succès connu par le programme du CDTI en Outaouais, un vaste projet dédié à la haute technologie est présentement en phase d’élaboration à Hull avec la Cité de la nouvelle économie. C’est un investissement à terme de 550 millions de dollars qui permettrait la construction d’édifices à bureaux totalisant 1,5 millions de pieds carrés et 4 000 unités de logements dotées des facilités de la domotique; des maisons destinées surtout aux travailleurs de la nouvelle économie.

 

Il y a un an, ce vaste projet a été présenté au gouvernement du Québec afin qu’il soit compris dans le programme du CDTI avec une phase I de 500 000 pieds carrés. Le groupe Heafey est associé à SOLIM, le bras immobilier du Fonds de Solidarité du Québec de la FTQ dans ce projet. «Le travailleur de la nouvelle économie recherche plus qu’un salaire alléchant et un environnement de travail plaisant», rapporte le porte-parole du groupe, Charles Masse. «Il veut également habiter dans un endroit qui lui permette de s’épanouir et de s’amuser à l’extérieur des heures de travail». Ainsi, le concept de la maison intelligente a été retenu pour ce développement résidentiel et Bell Canada a été mis à contribution afin d’inclure la fibre optique au nombre des infrastructures technologiques de la Cité de la nouvelle économie.

 

Le développement des entreprises de haute technologie en Outaouais se traduit même dans la façon de vivre de tous les jours des gens qui y habitent. La région de l’Outaouais affiche en effet un des plus importants taux d’utilisation d’Internet au Canada. Cela tient au niveau élevé de scolarité des résidents de la région, du nombre et de la variété impressionnante d’instituts de recherches publics et privés, ainsi que du grand nombre de sociétés de technologies de pointe et d’autres entreprises qui ne sauraient fonctionner sans un effectif branché.

 

En 1998, 36,1 % des foyers de l’Outaouais étaient branchés sur Internet, comparativement à 22,6 % pour l’ensemble du Canada. De plus, 55,6 % des ménages possédaient un ordinateur, en comparaison à 36 % pour l’ensemble du Canada.

 

Le temps de la drave des pitounes sur les rivières est bien révolu et l’Outaouais a su s’adapter de belle façon aux défis de la haute technologie!