| |
Finances
Les saisons financières
|
|
 |
|
|
par Michel
Roy, planificateur financier |
Juste une semaine avant Noël, je recevais mon
nouveau catalogue de semences pour l’été 2010. Alors qu’une petite
poudrerie balayait la cour arrière et que le mercure indiquait moins
15, je commençai à feuilleter le document en préparation pour ma
prochaine saison de jardinage.
Pour quelqu’un qui ne
connaîtrait rien au jardinage, la situation aurait pu paraître
absurde, mais le jardinier, même amateur comme moi, sait qu’il faut
planifier de longue date pour récolter quand vient le temps.
La section des tomates est celle qui attire d’habitude mon attention
: j’aime cultiver les tomates; c’est un fruit délicieux et il en
existe une multitude de variétés autant dans la forme que dans le
goût et surtout dans leurs exigences de culture. Certaines variétés
vont prendre jusqu’à un mois de plus qu’une autre pour parvenir à
maturité.
Mais ce qui rend les tomates intéressantes, c’est qu’il faut penser
à les semer presque en plein milieux de l’hiver alors que les
tempêtes de neige font encore rage et que les températures
continueront de se maintenir sous zéro pour une bonne période de
temps encore.
Chaque fois que le jardinier prépare ses semis au mois de février,
il doit d’abord croire que la neige va fondre, que les températures
vont augmenter suffisamment pour permettre à ses boutures d’être
transplantées à l’extérieur et que cela durera assez longtemps pour
qu’il puisse en récolter des fruits; sans cette certitude, le
catalogue, les semis et tout ce qui va avec serait vite oublié et
envoyé au recyclage.
Vous entretenir de jardinage dans une chronique financière peut vous
sembler bizarre à prime abord, mais prenons le temps de dresser un
simple parallèle entre l’investissement et le jardinage.
Le premier constat ne peut que nous sauter aux yeux : Pour obtenir
une bonne récolte en investissement, il faut commencer à semer quand
les conditions nous apparaissent totalement impropices à la
croissance.
Prenons par exemple le mois de février 2009 : tous les indicateurs
extérieurs que nous pouvions consulter nous disaient que l’hiver
financier ne connaîtrait plus de fin et que le printemps et l’été ne
reviendraient jamais. Les prophètes médiatiques nous annonçaient la
pire tempête financière de tous les temps et la fin du monde
financier comme nous le connaissions. L’indice S&P/TSX se retrouvait
aux environs de 7500 points; on recommandait fortement de ne pas
semer et pour ceux qui avaient déjà semé, de tout arracher (du moins
le petit peu qui avait pu pousser) et d’entreposer au plus vite dans
la chambre froide.
La stratégie derrière ce comportement consiste à attendre d’être
certain qu’il fasse beau avant même de penser à semer. En attendant,
on garde tout au frigo. Le problème derrière ce raisonnement, c’est
que la saison de croissance habituelle (juillet et août pour les
tomates) n’est pas assez longue pour produire des fruits à maturité.
IL FAUT COMMENCER AVANT LA VENUE DU BEAU TEMPS!
Il en est exactement de même pour les investissements. Revenons au
dernier hiver financier alors que toutes les conditions nous
portaient à croire que la belle saison ne reviendrait plus. Qu’en
est-il aujourd’hui? Suite au mauvais temps du début de l’année, la
température s’est réchauffée et pour les investisseurs qui ont semé
quand c’était le temps et ceux qui n’ont pas cédé à la psychose
collective, la croissance a bel et bien été au rendez-vous.
En y regardant de plus près, force est de constater que la dernière
année n’a pas été la pire de l’histoire; bien au contraire, à en
juger par les résultats, le jardin financier n’a pas l’air si mal.
En fait, l’indice S&P/TSX est passé de 9234 points le 2 janvier 2009
à 11745 points le 31 décembre ce qui revient à une augmentation de
plus de 25%.
Quant à la notion de risque, il s’agit ici de déterminer s’il est
plus risqué de semer dans l’espoir de récolter avec la possibilité
d’essuyer certaines pertes ou bien de ne pas semer du tout avec la
certitude de ne rien perdre. Pour ceux qui n’ont pas semé, il est
évident que la récolte sera très mince; pour ceux qui ont gardé leur
sang-froid et continué à surveiller leur jardin au cours de la
tempête, la croissance est là, comme d’habitude après le mauvais
temps. On pourrait ainsi en conclure comme morale de ma petite
histoire que le problème, ce ne sont pas les tomates, mais bien le
jardinier.
Bonne Année 2010 à tous

Michel Roy, Pl.fin.
Conseiller en sécurité financière
Inscrit auprès de
Les Assurances Boivin inc et de
Groupe Action Financière Québec
Représentants en épargne collective
Services financiers Investia inc
418-624-0850
www.gaf.qc.ca
|
|