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Finances
Est-ce possible que les investisseurs puissent commettre
les mêmes erreurs à répétition ?
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par Michel
Roy, planificateur financier |
Depuis les origines du monde moderne, les
penseurs et les économistes tentent de comprendre pourquoi les gens
réagissent de la façon dont ils le font avec leur argent. Comme
toute la structure de la science économique est basée sur des
principes rationnels, il va de soi que les investisseurs et les
professionnels du placement devraient réagir d’une manière tout à
fait rationnelle devant les événements.
Or, ça ne semble pas
être la norme dans la majorité des cas; les dernières études en
économie comportementale démontrent plutôt que les individus ont
tendance à continuer de commettre les mêmes erreurs à répétition et
par la même occasion, à prendre des décisions qui s’avèrent néfastes
à leur bien-être financier.
En fait, les statistiques nous démontrent que la majorité des
investisseurs continuent à faire exactement le contraire de ce qui
pourrait leur être le plus profitable; les entrées de nouvel argent
sont présentement beaucoup plus élevées dans les certificats de
placement garanti et les fonds de marché monétaire alors que les
indices sont en hausse. Historiquement les investisseurs, au lieu de
profiter de la hausse en demeurant investis, ont plutôt opté pour
des placements garantis et des fonds de marché monétaire pendant les
hausses de marché. En général, ils ont l’habitude d’attendre que les
marchés aient augmentée pendant une certaine période de temps avant
d’investir, perdant ainsi la plus grande partie de la croissance
dans leur portefeuille.
Certains investisseurs peuvent être atteints entre autres de ce que
l’on pourrait appeler le syndrome du transfert d’expertise: parce
qu’ils sont devenus des sommités dans leur profession respective,
ils en viennent à croire qu’ils peuvent faire aussi bien en
s’occupant de la gestion de leurs placements.
Selon les études qui ont été menées sur ce sujet, le phénomène de
l’aversion aux pertes fera en sorte que ces investisseurs auront
tendance à vendre leurs bons placements trop rapidement et à
conserver les perdants trop longtemps. Les mêmes recherches ont
aussi démontré que, dans l’année qui a suivi, les placements que ces
mêmes investisseurs ont vendu ont réalisé un meilleur rendement que
ceux qu’ils ont conservés.
Dans ma première chronique à l’automne 1995, intitulée «Les fausses
croyances et la vraie vie» il était question de différents
comportements et vérités acceptés par la masse des investisseurs.
N’est-il pas surprenant que quatorze ans plus tard et après trois
reculs de marché importants, nous revenions sur le sujet avec encore
plus de conviction?
Ajoutons à tout cela l’omniprésence des médias et la possible
influence sur la stabilité émotionnelle des investisseurs. Et nous
voilà avec un cocktail intéressant; lorsque les gros titres des
journaux et la télévision vous bombardent sans répit de catastrophes
passées et à venir, il en vient parfois difficile de démêler la
réalité financière de la fiction; il ne s’agit pas ici d’ignorer la
réalité mais plutôt d’être en mesure d’évaluer avec calme la
situation et prendre des décisions rationnelles. Le fait d’être
bousculé chaque jour par un déluge d’informations superficielles et
d’avoir à contrôler ses émotions chaque fois que le président de la
Réserve fédérale éternue, amène un grand nombre d’investisseurs à
effectuer des transactions qui n’ont souvent rien à voir avec la
valeur réelle de leurs placements ou avec leurs objectifs
financiers.
Beaucoup de décisions sont ainsi prises sur l’émotion du moment et
tout le monde sait que cette stratégie d’investissement ne mène à
rien.
Nous pouvons encore vérifier ces symptômes aujourd’hui même. Alors
que les médias continuent d’annoncer des milliers de pertes
d’emplois et propagent des nouvelles de récession sans arrêt,
personne ne semble avoir remarqué que les marchés ont grimpé de plus
de 30% au cours des 2 derniers mois et que les aubaines deviennent
de plus en plus dispendieuses à mesure que le temps passe.
Peut-être croyez-vous qu’il est mieux d’attendre que les gros titres
de journaux soient plus encourageants! Une chose est certaine,
lorsque vous apprendrez dans les journaux quotidiens qu’il est
peut-être temps de recommencer à investir, vous aurez déjà manqué le
meilleur. 
Michel Roy
Planificateur financier
418-624-0850
www.gaf.qc.ca
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