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Pourquoi et comment choisir un variateur de vitesse
(partie3/3)
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par
Jean-François Allard |
Voici la troisième partie de cette série après un
petit répit de l’été... Ils couvraient les raisons principales de
choisir un VDV, les considérations de l’application et aussi, les
points techniques importants à considérer dans votre analyse comme:
voltage, hp, charge, accélération, inertie, survitesse, boîtier,
ventilation, harmoniques, temps de montée, pointes de tension,
efficacité, etc…J’ai donc choisi d’expliquer plus en détails la
relation entre l’isolation d’un moteur et l’impact du Variateur de
Vitesse (VDV) sur celui-ci.
Un
impact important dans l’application d’un VDV sur un moteur est le
stress que celui-ci cause à l’isolation du moteur. Pour comprendre
ce phénomène, il faut d’abord retourner à la base du fonctionnement
d’un VDV. En tout premier lieu, le VFD est alimenté en courant
alternatif (CA) qu’il convertit directement en courant continu (CC)
via ses diodes à l’entrée. Le tout est ensuite lissé par les
condensateurs qui eux redressent du même coup, le facteur de
puissance du moteur avant de retourner à l’alimentation. Nous
reproduisons par la suite une inversion du CC au CA avec des
transistors bipolaires (IGBT), inventé par Toshiba, contrôlés
par l’algorithme de la carte maîtresse du VFD. L’onde de sortie est
donc produite par l’ouverture et la fermeture des transistors
combinés à une vitesse de montée extrêmement rapide, créant du même
coup des pointes de tension qui peuvent être importantes. Ce stress
additionnel sur l’isolation du moteur peut aussi être drastiquement
amplifié par la distance entre moteur et VFD. Cela est une
considération importante que les manufacturiers de VDV doivent
prendre en considération lors du design de VDV afin de maximiser la
vie des moteurs.
La fréquence porteuse d’un VDV est à toute fin pratique la vitesse à
laquelle le transistor fait feu, i.e. la vitesse d’ouverture et de
fermeture pour créer une onde à la sortie que l’on appelle du C.A.
pulsé en forme près d’un sinus. En augmentant la fréquence porteuse,
nous créons plus de pulses par unité de temps et une forme d’onde
encore plus près du sinus original à l’entrée du VDV. Les bénéfices
d’une fréquence porteuse élevée sont: moins d’échauffement au moteur
et un bruit électrique moins audible. Cependant, il n’y a pas que
des avantages ni de miracles, car on obtient, du même coup, des
pointes de tension plus importantes à l’extrémité des pulses; ce qui
endommage le système d’isolation davantage ainsi que
potentiellement, des courants circulants qui vont à la masse tout en
passant par les roulements du moteur, créant ainsi d’autres
problèmes de fiabilité pour le moteur. La fréquence porteuse pour la
plupart des VDV industriels varie de 2 000 à 16 000 pulses par
secondes (2-16 KHz)!!!
Les
moteurs à induction standard sont conçus pour opérer sur un sinus
parfait provenant d’Hydro-Québec ou autre. Lors de l’introduction
plus massive des VDV dans les années 90, nous avons commencé à voir
des moteurs avec des problèmes sévères de fiabilité au niveau de
l’isolation. Depuis ce temps, la norme NEMA MG-1-1998, Section IV,
Partie 31, a adressé ce point en spécifiant un temps de montée (rise
time) et un système d’isolation au moteur pouvant soutenir des
pointes de voltages [Vpointe= 1.1 x 2 x (√2)
x Vnom. = 3.1 x Vnom, temps de montée ≥
0.1µs]. De plus, la distance
entre le moteur et le VDV doit aussi être évaluée, car elle peut
amplifier significativement ce phénomène et cela varie d’un
manufacturier à l’autre. Il est important de consulter le manuel
d’opération du VDV avant de savoir si un filtre est requis ou non et
surtout, à partir de quelle distance. À de courtes distances de
moins de 50-100 pieds, le voltage peut être typiquement de l’ordre
de 800-900 volts aux bornes du moteur (voir graphique ici-bas).

Lorsque la distance augmente au-dessus de 200
pieds, l’on remarque des phénomènes de résonnance et réflexion qui
vont augmenter les pointes de tension (Vpointe) jusqu’à des valeurs
au-dessus de 2 000 volts (voir graphique ici-bas)!!! Il y a bien
sûr, d’autres méthodes de pallier à ce problème en utilisant des
filtres entre moteur et VDV spécialement conçus pour enlever ces
pointes de tension avant d’arriver au moteur.

Par exemple, les VDV fabriqués par Toshiba
permettent d’opérer un moteur avec fiabilité jusqu’à 200 pieds sans
aucun filtre, avec une fréquence porteuse au-dessus de 5 KHz et ce,
sans l’ajout d’aucun câble spécial avec notre série de moteur EQPIII.
CONCLUSIONS AU SUJET DU STRESS DE L’ISOLATION DES MOTEURS
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Une fréquence
porteuse ajustée le plus bas possible est toujours la meilleure
façon de maximiser l’isolation du moteur si le son ambiant n’est
pas un problème;
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Un temps de montée
de l’ordre de 0.2 µs diminue
de beaucoup les pointes de tension émises au moteur et permet en
général d’augmenter la distance entre moteur et VDV;
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Spécifiez un moteur
qui rencontre la norme NEMA MG1, partie 31 au niveau de
l’isolation afin de maximiser la durée de vie de votre moteur;
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Les VDVs ne sont
pas tous égaux! Vérifiez avec le manufacturier pour ses
recommandations de distance, son temps de montée, la capacité
des transistors, de ses diodes, etc...Certains VDVs ont des
pointes de tension plus importantes que d’autres et des temps de
montée plus rapides, ce qui affecte directement l’isolation du
moteur en réduisant sa vie et augmentant votre risque d’arrêt de
votre production.

Jean-François Allard
Ingénieur d’application
pour Toshiba Division Industrielle – Moteurs et Variateurs
(514) 773-9677 jeanfrancois.allard@tic.toshiba.com
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