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Couvert du Magazine Circuit industriel

  Cette chronique a été publiée dans l'édition de décembre 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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Protégez-vous au travail !

par Serge Gagné,
CRIA, consultant

La protection au travail est encore un sujet qu'il faut vendre aux gens. Beaucoup trop de personnes demeurent insensibles sur la question. Il est vrai que la société nous propose quotidiennement de vivre des choses extrêmes afin d'avoir des sensations fortes et sentir qu'on existe. Vaincre des peurs sur l'adrénaline, c'est vraiment « cool ». En repoussant vos limites dans votre vie privée, il devient possible que vous soyez prédisposé d'en faire autant au travail mais ce n'est pas la place pour le faire.

 

Ce contexte de loisir offert en dehors du travail est un exemple des incitatifs pouvant perturber indirectement les enseignements de la prévention qu'une entreprise doit tenir avec ses travailleurs.

 

Encore aujourd'hui, bien des gens négligent de faire l'usage adéquat de mesures de protection requises. Lorsque l'on est devant cette situation, il faut chercher à comprendre le raisonnement que fait la personne négligente qui en vient à prendre la décision insensée de faire face à un danger sans la moindre protection. N'oubliez pas que l'employeur doit chercher à instaurer ou à préserver des attitudes et des comportements pour « penser avant d'agir » au travail.

 

Il est donc judicieux de se poser quelques questions sur les mauvaises habitudes.

 

Par exemple, pouvez-vous expliquer pourquoi un travailleur décide de « contourner » la présence utile d'un garde de sécurité sur une machine durant ses opérations courantes ? De façon hypothétique, on peut prétendre que ce travailleur pense que son expérience compense l'absence de sa protection.

 

Pouvez-vous aussi dire pourquoi beaucoup de personnes à la production croient « être capables » de conduire un chariot élévateur à fourches ? On peut se poser la question suivante : ces gens connaissent-ils réellement les techniques de conduite préventives de ce gros « jouet » ?

 

Pouvez-vous expliquer ce qui incite les gens de l'administration à se balader dans l'usine avec des chaussures ordinaires, c’est-à-dire sans semelles et embouts en acier ? Ironiquement, on est en droit de se demander s'ils ont des pieds différents des gens de la production de l'usine ?

 

En soulevant ces hypothèses, vous vous doutez bien des réponses. Ces exemples ont des points en commun. Essentiellement, l'ignorance du danger et une mauvaise idée de la notion du risque sont à la base des écarts de conduite.

 

Vouloir se protéger, c'est avant tout une démarche d'information et une implication personnelle. Je profite de l'occasion pour expliquer des notions de base en matière de protection « individuelle » et « collective ».

 

La protection individuelle est celle que l'individu utilise « sur lui » dans le but de se protéger. Des gants, des lunettes, un casque, des bottes, etc. sont quelques exemples d'équipement individuel pour se protéger. Sans cette protection, la personne s'expose donc à des conséquences plus importantes.

 

La protection collective est plutôt celle que l'individu doit utiliser correctement et non pas la « contourner » au moment de la tenue des opérations régulières ou non. On retrouve des gardes sur les outils ou les machines que l'on « tolère » pour notre protection chaque fois que l'opération dangereuse s'effectue. Des barrières, des gardes-corps et des encoffrements sont aussi des exemples très communs dans le monde du travail. Sans ce genre de protection, les gens s'exposent aussi à des conséquences fâcheuses pour la santé, la sécurité et l'intégrité physique.

 

La protection n'empêche pas un évènement, mais elle agit comme un « amortisseur ». Elle est là dans le but d'éviter des blessures ou encore des maladies, des allergies ou des malaises. Bref, il s'agit là d'une stratégie de prévention qui a ses limites car on ne règle pas le problème à la source, on ne fait que l'absorber. La source dangereuse est omniprésente, c'est pourquoi il faut bien garantir les disponibilités et ensuite respecter l'usage et l'entretien de nos équipements de protection. Le Québec profite de la présence de fournisseurs (fabricants et distributeurs) de produits de protection dont le choix et l'expertise peuvent répondre à des besoins très pointus. Si vous n'êtes pas convaincu, je vous suggère une visite au prochain salon de la santé et la sécurité qui se tiendra à Montréal, les 6 et 7 novembre 2005. Vous y retrouverez plus de 200 exposants. Ce grand rendez-vous annuel rejoint près de 6000 visiteurs en deux jours. D'ailleurs, les exposants  y présentent beaucoup d'items relatifs à la protection.

 

Je reviens plus particulièrement à la protection santé pour vous parler de l'aspect toxicologique. Votre milieu de travail est toujours en relation avec vous et vos collègues. Il existe des gens qui consacrent leur vie professionnelle à la science de la toxicologie. Ces gens étudient et s'intéressent à ce qui peut perturber le fonctionnement normal d'un organisme vivant.

 

Nous côtoyons beaucoup de produits chimiques sur une base quotidienne. Il faut donc prendre le temps de comprendre les interactions toxicologiques, c’est-à-dire les mélanges de produits ou de résidus afin de déceler les effets nocifs des produits qui font partie de notre travail. À partir de cette préoccupation, on peut facilement entrevoir la pertinence d'adopter des mesures et des moyens de protection appropriés. Ainsi, il est important de se protéger en cas d'exposition afin d'empêcher le processus de pénétration d'un produit de se faire par voie cutanée, respiratoire ou digestive.

 

L'ignorance peut être coûteuse sur le plan de la santé. La gravité de l'intoxication s'établit essentiellement en passant les stades bénins, modérés, graves et même fatals. N'oubliez donc pas que les fiches signalétiques (SIMDUT) sont précieuses car elles offrent beaucoup d'informations sur les produits et suggèrent même la protection requise. Ainsi, il est plus facile de gérer la protection.

 

La plupart des gens savent instinctivement que la protection est aussi une affaire de sécurité au travail. Il est donc pertinent de se protéger pour éviter des blessures et non seulement des maladies professionnelles. D'ailleurs, la tête, le visage, les yeux, les mains et les pieds sont des parties très vulnérables dans beaucoup de secteurs d'activités. Il existe une multitude de phénomènes dangereux sur le plan mécanique, électrique, thermique, du bruit, des vibrations, du rayonnement et de l'ergonomie. Une gestion de la protection permettra de vous protéger de ces phénomènes contre les chocs, les écrasements les projections, les perforations, les coupures, les entraînements, les brûlures, les sectionnements, les cisaillements, etc.

 

Il est important de se rappeler que la protection n'est qu'un « bouclier » parfois fragile. Il faut y accorder toute notre attention chaque fois que l'on doit l'utiliser et doit le faire de façon conforme. Cette conformité est importante en général et elle est plus que pertinente dans le cas des équipements servant à protéger les voies respiratoires.

 

Je vous suggère deux lectures qui sont des références de la CSST « Notions de toxicologie » qui porte le numéro de commande DC -200-348 (04-10) et « Aide-mémoire phénomènes dangereux » qui porte le numéro de commande DC -100-482 (07-02)

 

En 2004, il faut espérer que les employeurs et les travailleurs trouvent davantage de temps ensemble pour assurer une protection adéquate dans leur milieu.

 

Vous pouvez joindre M. Serge Gagné, chez Le Groupe ACCIsst inc.
au 1-888-864-7578 ou par courriel à info@accisst.com