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Quelques procédés de soudage sans fusion utilisés dans l’industrie
Les quatre procédés de soudage suivants : par friction, par ultrasons, par diffusion et par explosion ont la particularité de ne pas faire intervenir la fusion des pièces à assembler. Ils offrent des avantages particuliers pour souder des métaux et alliages qu’il serait autrement impossible de souder par fusion, notamment à cause de problèmes métallurgiques. Voici un résumé de leurs caractéristiques essentielles.
Soudage par friction (procédé FW)
Procédé découvert simultanément aux États-Unis et en Union Soviétique en 1950, les machines de soudage par friction ne firent leur apparition dans l'industrie qu'en 1961.
Les pièces, généralement de révolution, sont serrées l'une contre l'autre ; l'une est mise en rotation de sorte que le frottement engendre à l'Interface la chaleur nécessaire au soudage. Quand la région du joint devient suffisamment plastique sous l'effet de l'élévation de température, on arrête la rotation et on augmente l'effort axial pour forger (figure 1).
En soudage par friction, les deux paramètres essentiels sont la pression et la vitesse de rotation. Pour l'acier doux, on choisit une vitesse circonférentielle de 75 à 150 m/mn indépendamment du diamètre de la pièce. Au-dessous de 30 cm/mn, toujours sur acier, le bourrelet est irrégulier, il est minimisé pour les vitesses maximales compatibles avec les pièces à souder. La pression est le paramètre prépondérant (sur acier elle est de l'ordre de 15 à 75 MPa), elle influe sur la température à l'interface et sur la valeur du couple résistant.
Le soudage par friction, concurrent du soudage par étincelage, est largement utilisé en fabrication mécanique et forgée.
Soudage par ultrasons (procédé UW)
C'est en 1950 aux États-Unis, en cherchant à améliorer les conditions de soudage par résistance, par l'utilisation d'ultrasons que l'on découvrit que ces derniers pouvaient effectuer seuls l'assemblage.
L'assemblage se fait par recouvrement, les pièces sont serrées l'une contre l'autre entre une « enclume » et une « sonotrode » qui produit des vibrations transversales ainsi que des frictions localisées qui décapent les surfaces et élèvent la température jusqu'à la formation de la soudure.
L'installation a l'apparence d'une machine à souder par résistance et se compose :
Le transducteur transforme l'énergie électrique du générateur HF en énergie vibratoire. Les vibrations, trop faibles pour être utilisées en soudage, sont amplifiées par un amplificateur, pièce métallique en titane ou en duraluminium accordée sur la fréquence de l'émetteur.
Pendant le soudage, bien que les éléments à assembler restent apparemment froids, l'étude du mécanisme de liaison montre qu'un volume infime de métal se trouve porté à la température de recristallisation. C'est donc une soudure par friction à l'échelle pelliculaire.
Le soudage par ultrasons peut être exécuté sur métaux ou thermoplastiques avec des énergies de l'ordre de 50 W à 2 kW et des efforts sur sonotrode de 1 à 6000 N suivant les cas.
On note que l'élément à assembler côté enclume peut être d'épaisseur quelconque, alors que l'épaisseur de l'élément côté sonotrode est fonction de la puissance du générateur et de la nature du matériau.
Exemples d'applications :
Soudage par diffusion (procédé DFW)
Technique développée par l’ancienne URSS, le soudage par diffusion a pris naissance suite à l'observation d'incidents rencontrés dans les engins aérospatiaux où des soudages involontaires se sont produits dans le vide spatial (figure 5).
Le succès d'une opération de soudage par diffusion est liée à 4 facteurs :
Le soudage par diffusion convient particulièrement bien aux métaux et alliages qui dissolvent leurs propres oxydes, et aux métaux nobles en général.
Le soudage par diffusion a été utilisé sur de l'acier d'épaisseur 50 mm. La possibilité de souder entre eux des métaux de natures différentes ou à des matériaux non métalliques est une des caractéristiques les plus intéressantes de cette technique (ex. : Kovar + verre où l'agent de diffusion essentiel est l'oxyde du métal, laiton + acier au carbone, cuivre + inox, cuivre + titane).
Soudage par explosion (procédé EXW)
Découvert fortuitement en 1957 au cours d'opérations de formage par explosion, le soudage par explosion (figure 7) utilise l'énergie libérée par une charge d'explosif pour provoquer entre deux surfaces à assembler une collision dirigée de telle sorte que la ligne de contact se déplace régulièrement pendant l'explosion. Micrographie de la soudure : figure 8.
L'explosion projette violemment le revêtement sur le support et un mince jet de métal plastifié jaillit en précédant le front de contact. Ce jet de métal arrache les oxydes pouvant contaminer les surfaces et assure ainsi une propreté parfaite nécessaire à l'obtention d'un joint de qualité.
Afin de protéger le placage contre une détérioration superficielle lors du tir, on interpose entre l'explosif et ce dernier un amortisseur en caoutchouc ou en chlorure de poly-vinyle.
Plus coûteux que le colaminage, le placage par explosion ne s'applique qu'aux liaisons difficiles :
Les surfaces plaquées ou à souder
peuvent être planes, cylindriques ou gauches et peuvent avoir des
dimensions variant de quelques centimètres carrés à quelques
mètres carrés, les limites supérieures dépendant des problèmes de
sécurité posés par l'utilisation de charges explosives
importantes.
Photos et texte d’après le document « Procédés de soudage, Série D », par A. Thiriot, de la Série des « Aides visuelles à la formation » des Publications du Soudage et ses Applications. Représentant exclusif ISQ.
Vous pouvez joindre Claude Michel de
l’Institut de Soudage du Québec (ISQ)
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