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Couvert du Magazine Circuit industriel

  Cette chronique a été publiée dans l'édition de juin 2004 du Magazine Circuit industriel.
   
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Changer l’image du secteur industriel

Le mot « industriel » n’est pas à la mode. En effet, dans l'imaginaire collectif, ce mot appelle davantage des notions de vétusté que du secteur économique dynamique. Même le premier ministre Paul Martin parle du secteur « traditionnel » de la fabrication. Cette perception généralisée contraste fortement avec la part imposante de l'emploi et de l'économie qui repose sur les entreprises de fabrication canadiennes et québécoises ainsi que sur la réalité vécue sur le terrain. Pourtant, une meilleure image rayonnant sur le secteur industriel contribuerait à régler plusieurs problèmes difficiles qui compliquent le travail de nos entrepreneurs. Nous aurions tous avantage à changer cette image.

 

Une image à renouveler

 

L'industrialisation occidentale remonte aux dures années du 19e siècle, quand les paysans quittaient la campagne pour venir vivre en périphérie des usines et y travailler dans des conditions de misère. De la même façon que les images de la famille rurale du début du siècle collent à tort au secteur agricole québécois, l'image de la manufacture de textiles sale et surpeuplée colle à la peau de l'industrie contemporaine, le « téléphone à poche » en moins.

 

Évidemment, le monde du travail d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec cette caricature quasi-médiévale. Par ailleurs, dans les circonstances actuelles sur le plan de la disponibilité de la main-d'oeuvre, les entreprises de fabrication tiennent à leurs employés comme à la prunelle de leurs yeux. Cela se reflète évidemment dans les conditions de travail qui leur sont offertes.

 

Contrairement à l'image que plusieurs s'en font, le volet technologique est aussi de plus en plus présent au sein du secteur industriel. Les meilleures études démontrent bien que les entreprises manufacturières, y compris les PME, innovent constamment afin d'améliorer leurs produits et leurs procédés de fabrication. Que ce soit par l'investissement dans de nouveaux équipements, par la formation de leurs employés ou par la participation à des programmes spécifiquement orientés vers l'amélioration de la productivité, de plus en plus d'entreprises de fabrication comprennent que l'innovation est souvent la condition de leur survie.

 

Évidemment, les histoires d'horreur environnementales nuisent à la réputation du secteur industriel. Dans ce cas, une majorité paie souvent pour les aventures de quelques-uns, négligeants ou victimes d'accidents. De nos jours, et surtout au Québec, la réglementation est beaucoup plus sévère et beaucoup plus respectée que dans le passé. L'environnement est un bien collectif qu'on ne protégera jamais assez, mais il faut reconnaître que des efforts importants ont été consentis à ce chapitre.

 

Corriger le tir

 

Pourquoi réagir ? Tout d'abord parce qu'une bonne image sert de carte de visite lorsqu'on traite avec l'étranger. Sans possibilité de faire de vérification en profondeur, l'image compte ainsi pour beaucoup plus que l'on s'imagine dans une relation d'affaires à distance. Dans le contexte de la mondialisation, il faut donc maintenant pouvoir séduire de loin. Soigner son image corporative à l'étranger, que ce soit du côté de son avancement technologique ou de son implication sociale, est essentiel pour une entreprise exportatrice. L'obtention d'un gros contrat, la rencontre d'un nouveau distributeur ou la découverte d'un fournisseur plus performant peut en dépendre.

 

Une image positive sert également à intéresser et éventuellement à recruter de nouveaux employés. Par exemple, afin d'exporter leurs produits, les entreprises du secteur industriel doivent être plus que jamais ouvertes sur le monde qui les entoure. De nombreux défis emballants attendent donc les nouveaux diplômés qui s'intègrent à une entreprise exportatrice. Encore une fois, la réalité contraste fortement avec l'image caricaturale que trop de gens se font de l'entreprise de fabrication.

 

Avoir une bonne image est également important afin d'obtenir et de conserver la reconnaissance et le soutien de sa communauté d'appartenance. Que ce soit en lien avec les grands enjeux du commerce international ou simplement pour s'assurer d'une cohabitation harmonieuse avec ses voisins, la juste reconnaissance par la population et ses représentants de l'impact économique et social de la présence d'une industrie est une chose fondamentale.

 

Comment intervenir ? D'abord, il faut réagir à la caricature à chaque fois qu'elle se présente, tant à l'étranger que chez soi. Il faut ensuite mieux faire connaître nos bons coups, tant individuellement que collectivement. C'est donc tout un travail de sensibilisation qui doit être mené au travers de nos communications corporatives, associatives et gouvernementales.

 

La perception à l'égard du secteur industriel doit être corrigée au profit d’un meilleur message : nous bénéficions ici de la présence d’un secteur industriel innovateur, responsable et ouvert sur le monde. Changer l'image du secteur industriel est un travail de longue haleine, mais il en vaut la peine. Une bonne part de notre développement économique dépend de lui.

 

Retour sur le budget

 

Lors de notre dernière chronique, nous avions placé la barre relativement haute en espérant la mise en place par le gouvernement fédéral d’un soutien financier temporaire destiné à l’acquisition de nouvelles technologies de fabrication. L’intervention choisie s'est plutôt orientée vers un soutien à l’investissement dans les technologies de l’information. En termes clairs : l’informatique. La productivité du secteur manufacturier en bénéficiera.

 

Suivant de près le budget fédéral, le gouvernement du Québec a de son côté annoncé un soutien fiscal pour qui souhaiterait bénéficier des services d'un centre collégial de transfert technologique. Il faut également se réjouir des orientations annoncées quelques jours plus tard concernant une meilleure gestion des dépenses publiques.

 

Vous pouvez joindre Mathieu Santerre, Conseiller en relations publiques
au (418) 456-2587 ou par courriel : msanterre@lebunker.com