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Guerres et investissements
Guerre ou pas, le seul fait d'en parler provoque des réactions émotionnelles intenses. Depuis quelques mois, les discussions de guerre vont bon train et les investisseurs ne restent pas insensibles à cette menace. Certains craignent de voir la totalité de leur capital disparaître, alors que d'autres n'y voient là qu'un autre événement passager dont il va bien falloir s'accommoder en patientant plus longtemps que prévu jusqu'au retour normal des choses.
Nous avons donc cru bon d'effectuer une petite recherche sur les réactions des marchés en temps de guerre et de partager ces constatations avec vous. Bien entendu, ces informations s'appliquent au marché américain.
Disons d'abord que depuis 1885, l'économie américaine a été en guerre environ un cinquième du temps ; au cours de cette période, durant laquelle plusieurs guerres ont eu lieu, il est intéressant de constater que les marchés boursiers se portaient tout aussi bien en matière de rendements en temps de guerre qu'en temps de paix. Un point important à noter cependant, le taux d'inflation moyen a été de 6 % en temps de guerre, alors qu'il se situait à 2 % en temps de paix.
Volatilité
Les études qui ont été réalisées pour la période 1885-1997 ont démontré que la volatilité moyenne des marchés boursiers a été plus élevée durant les périodes de paix que pendant les périodes de guerre. La plus grande volatilité des marchés américains s'est produite durant les années 20 et au début des années 30, bien avant que les États-Unis ne se retrouvent en guerre.
En théorie, la guerre devrait avoir une influence majeure sur le prix des actions : les gouvernements s'accaparent d'énormes ressources et entrent alors en compétition avec les investisseurs pour l'obtention de capital. Mais l'histoire nous démontre que ce n'est pas toujours ce qui se passe.
Au début de la Première Guerre mondiale, le marché a augmenté de 100 % pour redescendre de 40 % lorsque les États-Unis sont entrés en guerre, pour finalement remonter à la fin de la guerre. Le début de la Grande Guerre causa une panique en Europe et le 28 juillet 1914, toutes les bourses européennes furent fermées. Cette vague se propagea aux États-Unis où les marchés furent fermés le 31 juillet pour une période indéfinie (les États-Unis n'étaient pas encore en guerre à cette date). Lorsque les marchés rouvrirent en décembre 1914, ce fut pour atteindre un record de performance (+ 82 %) au cours de l'année 1915, record qui tient encore aujourd'hui.
Un phénomène semblable se produisit au début de la Deuxième Guerre mondiale, mais pour une raison tout à fait contraire. Les marchés durent fermer le 3 septembre 1939 à cause de l'enthousiasme démesuré des investisseurs qui, en s'arrachant les actions, firent augmenter le Dow Jones de 7 % durant la journée.
Une fois cette guerre terminée, le Dow Jones avait augmenté de 30 % par rapport au début des hostilités.
Les conflits qui ont suivi (guerre de Corée, guerre du Vietnam, guerre du Golfe) n'ont rien pu démontrer de différent quant à l'effet d'une guerre sur la performance des marchés ou le prix des actions. Après la guerre du Vietnam, la performance des marchés a été ralentie par l'augmentation des taux d'intérêts visant à contenir une inflation galopante. En ce qui concerne la guerre du Golfe, le Dow Jones se situait à 18 % au-dessus de son niveau du 2 août 1990 lorsque tout fût terminé en mars 1991.
Que penser de ce qui se trame aujourd'hui ? Malgré toutes les nouvelles technologies visant à prédire la direction des marchés, une seule constante demeure : c'est qu'en analysant les causes des plus grandes fluctuations des bourses, il est rassurant de constater que seulement 25 % de ces fluctuations majeures peuvent être reliées à des nouvelles politiques ou économiques d'envergure.
Il est aussi important de nous rappeler que, peu importe les événements, à moyen et à long terme, les bons titres continueront de faire mieux que les obligations et les bons du trésor (voir tableau ci-joint).
Pourcentage des périodes où les actions
ont fait mieux
En nous basant sur ces faits, un investisseur qui ne détenait que des obligations pour des périodes de 5 ans a été perdant 70 % du temps, alors que celui qui détenait des bons du trésor s'est retrouvé perdant à près de 75 % du temps. Pour conclure, admettons que les marchés
sont imprévisibles à court terme et que la seule façon de
gagner consiste à détenir un portefeuille adéquatement
diversifié et d'avoir la patience d'attendre les résultats, peu
importe les rumeurs.
Vous pouvez joindre M. Michel Roy
du Groupe Action Financière au
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