Rechercher :
Début du mot Mot entier Partie du mot

     

Logo MCI

 

 

 

Couvert du MCI

  Cette chronique a été publiée dans l'édition d' avril 2003 du Magazine Circuit industriel.
   
  Pour ne pas manquer nos prochaines chroniques,
abonnez-vous gratuitement !
   
  Magazine MCI
  Notre sommaire
  Contactez-nous
   

 

Membre du

Logo CCAB division de BPAI

 

 

 

  Menu pour le MCI
 

 

Voulez-vous réduire vos bris hydrauliques de 80 % ?

par Stéphane Morisset
Instructeur technique

Quel gestionnaire pourrait répondre non à cette question ? Le but de cette chronique, et de celles qui vont suivre, est de vous montrer comment arriver à un tel résultat.

 

En effet, plusieurs études tendent à démontrer que 80 % des bris rencontrés dans les systèmes hydrauliques sont provoqués par la contamination de l'huile. Il suffit donc de contrôler la qualité de l'huile qui circule dans le système pour voir baisser dramatiquement la gravité et la fréquence des bris. Facile à dire me direz-vous ! Et moi je vous répondrai facile à faire… à la condition d'y mettre les efforts suffisants et de procéder de manière méthodique. Dans cette chronique, je vais faire le tour des sources de contamination d'un réseau hydraulique tout en donnant des moyens pour y remédier. 

 

En effet, avant même de parler de filtration, il est essentiel de sensibiliser les préposés d'entretien à l'importance de la propreté. Il est beaucoup plus facile (et moins dispendieux) d'empêcher les contaminants d'entrer dans un système que de les enlever par la suite. Les prochaines chroniques porteront, quant à elles, sur une approche systémique concernant la filtration.

 

Les sources de pollution intégrées pendant le montage

 

Le contrôle de la contamination commence à la source, lors de la fabrication d'une unité hydraulique. Il est primordial de démarrer un système dans les meilleures conditions possibles pour allonger au maximum la durée de vie des composantes.

 

La composante la plus importante à nettoyer au départ est sans contredit le réservoir. En effet, sa fabrication comporte plusieurs étapes qui génèrent une grande quantité de particules : soudage, perçage, taraudage, etc. Il est essentiel de prévoir des portes de visite lors de la fabrication pour pouvoir nettoyer le réservoir soigneusement. Il m'arrive encore de voir en industrie des réservoirs sans aucune ouverture donnant accès à l'intérieur. Il est alors impossible de les nettoyer, que ce soit au démarrage ou par la suite. Sauf applications particulières, il est aussi très important de peindre l'intérieur avec un produit qui résiste au fluide. Une bonne couche de peinture permet d'éviter que la condensation dans la partie supérieure ne génère de la rouille qui risque de boucher la crépine à l'aspiration de la pompe.

 

Lors du remplissage du réservoir, il est essentiel de préfiltrer l'huile que l'on va introduire. Pourquoi filtrer de l'huile neuve me direz-vous ? Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'huile qui sort d'un conteneur est généralement trop sale pour être introduite sans filtration dans la plupart des systèmes hydrauliques modernes. Si vous avez l'occasion de regarder un échantillon d'huile au microscope, vous allez comprendre ce que je veux dire. L'idéal consiste à utiliser une unité de filtration mobile. Celle-ci se compose d'une petite pompe, avec un filtre en sortie, montée sur un chariot à roulettes. On la déplace jusqu'à l'unité, on introduit le boyau de succion de la pompe dans le contenant de même que la sortie dans le réservoir et le tour est joué ! La même procédure s'applique lors de tout rajout d'huile après la mise en marche.

 

Il ne faut pas non plus oublier les canalisations. Que ce soit des boyaux, des tuyaux ou des tubes, il faut en nettoyer l'intérieur avant le démarrage. Traditionnellement, les mécaniciens essayaient de les nettoyer en envoyant un jet d'air comprimé, ce qui est complètement inefficace. La meilleure façon de nettoyer tous les types de canalisations est d'utiliser des projectiles poussés par de l'air comprimé. Il existe plusieurs systèmes sur le marché, mais ils fonctionnent tous de la même façon. Ils se composent tout d'abord d'un lanceur avec plusieurs types d'adapteurs en fonction du type de canalisation et du diamètre. Ils permettent de faire passer des projectiles souples qui sont environ 20 à 30 % plus larges que la canalisation à nettoyer. Poussés par 80 à 120 psi d'air comprimé, ils ramassent presque toute la saleté présente à l'intérieur des canalisations.

 

Pour finir, il suffit d'effectuer un rinçage du système avant sa mise en service. Si toutes les procédures précédentes ont été respectées, cela risque d'être assez court. Il faut commencer par isoler toutes les composantes sensibles du réseau. Par la suite, il suffit de faire circuler, avec une unité de rinçage, un débit d'huile de deux à trois fois supérieur au débit normal dans les canalisations et d'effectuer une filtration. En faisant circuler un débit plus important que la normale, il est possible de créer un écoulement turbulent, plus efficace pour ramasser les saletés. On poursuit le rinçage jusqu'à ce que les tests d'huile indiquent que la cible, en matière de propreté, est atteinte.

 

Et voilà ! L'unité est maintenant prête à être mise en marche de façon permanente, car toutes les sources de contamination intégrées pendant le montage ont été éliminées. Certaines personnes pourraient peut-être penser que toutes ces précautions sont grandement exagérées… Mais lorsque des dizaines de milliers de dollars sont investis pour l'acquisition d'un système hydraulique, il est normal de prendre toutes les précautions pour maximiser la durée de vie de son investissement.

 

Les sources de contamination intégrées
pendant le fonctionnement de la machine

 

Il est primordial, pendant le fonctionnement de la machine, de limiter autant que possible l'entrée de contaminants, pour faciliter le travail des filtres. Quelles sont les voies d'accès des particules ?

 

Un reniflard de mauvaise qualité constitue la porte d'entrée royale des contaminants vers le système, car ce qui est dans l'air ambiant se retrouve à l'intérieur du réservoir. En effet, lorsque le niveau de l'huile baisse, il se produit une aspiration de l'air extérieur ; si cet air n'est pas filtré, il constitue une source majeure de saleté. Il faut éviter à tout prix les bouchons ventilés et installer un reniflard d'excellente qualité, avec une filtration de 3 microns. Il existe aussi sur le marché des reniflards qui empêchent l'eau d'entrer à l'intérieur en plus de filtrer, ce qui constitue un autre excellent choix dans les lieux à humidité élevée comme les papetières. Les interventions de maintenance, effectuées par des mécaniciens qui ne sont pas conscientisés à l'importance de la propreté, peuvent aussi faire beaucoup de torts. Par exemple, il est primordial de boucher toutes les canalisations et tous les orifices des composantes pendant les réparations, même de courte durée. Il est aussi essentiel d'utiliser des chiffons qui ne peluchent pas lors de ces travaux. De plus, les pièces démontées doivent être déposées à un endroit où il y a le moins de poussière possible. Il y a encore des industries au Québec où celui qui répare les pompes et autres composantes hydrauliques travaille à côté de son collègue qui effectue des travaux de soudure et de rectifiage, sans aucune cloison les séparant. En ce domaine, le " gros bon sens " doit prévaloir.

 

Sources de contaminants engendrés 
par le fonctionnement du système lui-même

 

Une partie de la pollution retrouvée à l'intérieur du système est produite par le système lui-même. Par exemple, le fonctionnement d'une pompe ou d'un moteur hydraulique engendre des particules qui doivent être retirées du système le plus rapidement possible par une bonne filtration. Toutes les composantes, par un phénomène d'usure normale, produisent d'ailleurs une certaine contamination. Elle atteint son maximum au démarrage, avec le rodage, et elle remonte vers la fin de la vie utile du système.

 

Il est difficile, voire impossible, d'agir sur ce type de contaminants. Par contre, il faut sélectionner le bon type de filtration pour faire en sorte que ces particules, ainsi que celles qui se sont introduites dans le système malgré tous nos efforts, soient évacuées le plus rapidement possible.

 

La prochaine chronique traitera de la filtration. Nous allons traiter d'une approche systémique pour le contrôle de la contamination. Cette approche englobe toutes les facettes de la contamination : codes ISO de propreté, sélection de filtres, analyses d'huile, etc. Il sera ainsi plus facile pour vous de prendre des décisions éclairées afin d'étirer au maximum la durée de vos systèmes et de réduire la fréquence de vos bris catastrophiques, qui amènent de coûteux arrêts de production.

 

À la prochaine !

 

Vous pouvez joindre Stéphane Morisset, d'Engrenage Provincial, au 1-800-463-4788 ou par courriel à l'adresse suivante : info@engrenageprovincial.com.